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BOMBARDEMENTrement devoir se borner à un bombardement, que dans la vue deprocurer une occupation lucrative à une foule de malheureux que lefeu a mis sans pain, et à qui les autres citoyens s’empressent d’offrirun asile.

Un bataillon de volontaires fédérés arrive dans la place.

Le 5 octobre.

Dès le matin, le feu de l’ennemi reprend toute l’intensité qu’il avaitperdue la veille et se soutient pendant tout le jour au même degréde violence. Il semble même qu’il se ranime avec une fureur nouvelle,et supérieure, s’il est possible, à celle qu’il a déployée pendant lespremiers jours du bombardement. On a attribué, depuis , ce redouble-ment à l’arrivée de l’archiduchesse Marie-Christine au camp autri-chien ; mais ce fait n’est pas certain. Il est plus naturel de penser qu’ilest dû aux réparations faites aux batteries incendiaires. Quoi qu’il ensoit, cette augmentation de feu ne produit pas une augmentationd’incendies dans la place.

L’industrie est fille du besoin. Les braves Lillois , désormais aguerriset familiarisés avec les dangers dans lesquels ils vivent depuis cinqjours, ont appris à les mépriser, et à détourner une partie du fléaudestructeur qui les tourmente. Les citoyens de chaque rue se sontarrangés pour qu’un certain nombre d’entre eux reste constammentsur pied, uniquement occupés à surveiller le cours des boulets rouges.Aussitôt qu’ils en entendent quelqu’un se loger quelque part, ils vo-lent à sa découverte , le saisissent avec des tenailles ou de grandescuillers de fer qu’ils ont fait construire exprès et le jettent dans leruisseau. Cette manœuvre ingénieuse a contribué plus que toute autreà diminuer considérablement les ravages des boulets rouges. Lesbombes seules continuent d’avoir leur plein effet sur les quartiersqu’elles peuvent atteindre. Heureusement elles commencent à man-quer aux Autrichiens.

Le courage et les malheurs des Lillois avaient excité l’admirationet l’intérêt des villes circonvoisines. Béthune , Aire , Saint-Omer et

Dunkerque