SIÈGE DU QÜESNOY. 4 oi
mines est interrompu sur ce saillant (1). L’atelier de mineurs est trans*porte' à une batterie de la gauche assez rapproche'e de la place et dansun terrain assez sec, pour avoir quelque crainte des feux souterrainsde la place. Il y perce un rameau , qui au bout de 3o pieds est termine'par une petite galerie d'écoute, parallèle à la batterie , et dans laquelleOn tiendra constamment des mineurs de garde.
A la fausse attaque les cheminemens en avant des demi-places d’ar-mes sont prolonges.
Notre artillerie tire très-peu. La place garde un silence absolu.
Maigre' la continuation des travaux , il s’établit une espèce de sus-pension d’armes tacite. On a bien de la peine d’empêcher nos soldatsd’entrer en conversation avec l’assiège.
Le 27 thermidor (14 août ). La journée se passe comme la prece-dente , en poussant .toujours les attaques et en attendant le retour ducourrier.
Le 28 thermidor ( io août). Pendant la nuit la quatrième parallèleest pousse'e sur le saillant de la demi-lune. Sa communication avec latroisième parallèle est établie dans ce point par quatre branches dezigzags. À la fausse attaque on exécute un travail analogue.
Ces travaux, ainsi que ceux de la veille , éprouvèrent peu de con-trariété de la part de l’assiégé.
Le courrier, porteur de la réponse de la convention nationale, ar-rive pendant la nuit. Cette réponse porte qu’en considération de
(1) Dès le 23 thermidor (10 août), le commandant du génie avait été obligéd’attacher le mineur en trois endroits de la seconde parallèle, à la distance deplus de cent toises de la palissade. Il avait été contraint à cette démarche ridiculepar beaucoup de chefs et d’officiers dénués d’expérience, effrayés des rapportsinvraisemblables de quelques déserteurs, qui avaient assuré que les tranchées ellesbatteries étaient parvenues au-dessus des contre-mines de l’assiégé, à cause de la-légèreté avec laquelle , à cette époque, les accusations de trahison étaient prodi-guées; mais en même temps, sans tenir compte des travaux souterrains, il poursui-vit ceux du dessus , sans s’embarrasser si ces deux attaques marchaient ensemble,cqpune elles auraient dû le faire dans une circonstance plus raisonnable.