5 28 siège de nimègue.
du TVaal , pouvant se re'unir à Nimègue et nous attaquer en force aumoyen du pont de bateaux et du pont volant e'tablis sur ce fleuve, ileût été imprudent, dans cette supposition et vu nos faibles moyensen tout genre, d’entreprendre les premiers jours une attaque régu-lière et d’ouvrir la tranchée.
Il fallait avant tout rompre la communication entre la rive droitedu kVanl et la place, ou du moins la rendre très-difficile , afin deréduire la garnison à ses propres lorces. Cette considération déterminaà établir deux batteries à droite et à gauche, à l’amont et à l’aval dufleuve.
La pénurie d’outils, et la lenteur de la marche de notre artillerieoccasionnée par les mauvais chemins , nous firent employer cinq joursà cet établissement, qui, dans toute autre circonstance, n’eût demandéque deux fois vingt-quatre heures.
Cette lenteur et notre timidité dans l’attaque de la gloriette à droiteenhardirent les coalisés, et les déterminèrent à faire une sortie le 14 ausoir.
Le prince héréditaire d ’Orange et le duc A’Yorck étaient à Ni-mègue le i 3 , pour encourager les troupes par leur présence : le succèsne répondit pas à leur attente.
Le 16 et le 17 , nos batteries ayant rompu le pont de bateaux,l’ennemi prit le parti d’évacuer la place. On peut juger aisément del’effet qu’eût produit l’attaque de vive force le 17, avant la nuit, aumoment où l’ennemi était occupé à préparer sa retraite. Il est plus queprobable qu’il n’eût opposé qu’une bien faible résistance, et que nousnous serions rendus maîtres non-seulement des ouvrages avancés, maisencore de la place, et même du pont sur le Waal , qui nous eûtfourni le moyen de profiter de notre victoire et de repousser l’ennemiau-delà du Leck.
Je bornerai là mes observations sur ce sujet.
Nimègue , le 26 brumaire 5 . c année.
Le général de brigade commandant le Génie à l’arméedu Nord , signé , DEJEAN.