DE LA MARINE ACTUELLE. 2X
Ce qui est intéressant sous le rapport des projectiles, c’est laquestion des boulets creux ou obus ; beaucoup d’opinions sonten leur faveur, et l’expérience, qui est l’opinion de la natureelle-même , en réclame fortement l’emploi.
Les boulets massifs sont ce qu’il y a de plus convenable pourenfoncer les murailles de pierre d’un rempart ; mais les bou-lets chargés de poudre et d’artifice sont ce qu’il y a de plusconvenable pour faire sauter en éclats et pour incendier des for-teresses de bois qui sont de toutes parts imprégnées de goudron,et qui, pendant le combat, offrent dans leur intérieur une. cir-culation active de munitions inflammables, et Une foule decombaltans entassés qui souffrirait prodigieusement des effetsdes projectiles creux. Nous combattons avec du fer et de lapoudre : ne nous bornons donc pas à lancer seulement du fer;lançons aussi de la poudre, puisque le fer peut en contenir; etlorsque le fer et le feu se réuniront par une explosion foudroyanteau milieu des ennemis, le combat en sera .plus promptementterminé*
Nous venons de voir que les obusiers et les carronades, quisont les bouches à feu ordinairement destinées à tirer les obus ,ne saui’aient, sans de graves inconvéniens , être entièrementsubstitués aux gros canons sur les vaisseaux ; mais les canonspeuvent eux-mêmes lancer des boulets creux. Ces boulets, ilest vrai, ont un peu moins de portée que les boulets massifs dumême calibre, mais ils en ont davantage que lesboulets massifsdu calibre immédiatement inférieur, et rien n’empêché .d’ail-leurs de tirer les canons avec les boulets ordinaires, quantljoncombat de très-loin, en réservant les boulets creux pour com-battre de près. ; j, . J : :j j .)
Nous rapporterons plus loin des expériences nombreuses, quitoutes se sont accordées à démontrer invinciblement la grande