DE LA MARINE ACTUELLE. 6r
de mer que les chocs produits par l’artillerie soient considéra-bles; mais la quantité de mouvement de ces chocs doit résulterde la vitesse beaucoup moins que de la masse, et un canon de36 tirant à charge moyenne, produira toujours des effets supé-rieurs aux effets d’un canon de i!\ tirant à forte charge.
Les épreuves authentiques faites à Toulon en 1^85 ( épreuvespour lesquelles on a employé un vaisseau de ligne à servir debut ) ont démontré que si au lieu de tireiTe 36 avec des chargesde douze livres, on le tirait avec des charges de six àneuf livres, on causerait aux bâtimens ennemis des avariesbeaucoup plus considérables. L’un des artilleurs les plus in-struits de notre temps , le général Scharnhorst, affirme qu’à lamer les charges moyennes sont préférables. Texier - Norhec ,Robins et d’autres auteurs le prouvent. Il paraît que la marineanglaise a renoncé par ses règlemens aux très-fortes charges ;et, par le fait, la marine française y renonce aussi, toutes lesfois que les canonniers font ce qu’ils appellent saigner la car-touche ■ mais il y a sous plus d’un rapport beaucoup d’inconvé-nient à laisser faire cette opération par les marins, au hasardet au milieu du feu du combat 5 tandis qu’il serait avantageuxde l’avoir faite à l’avance, avec exactitude et avec les précautionsnécessaires, tant pour que les accidens soient évités, que pourque les effets désirables soient produits.
Les très-fortes charges sont un vieil usage qui se perdra peuà peu ; on tirait dans l’origine avec des charges énormes, et il afallu beaucoup discuter, avant d’en venir à la charge des trois'quarts, puis de la moitié, puis du tiers du poids du boulet.
Les charges de six à neuf livres, qui seraient les plus conve-nables pour le 36 dans le plus grand nombre des cas, n’ontcependant pas été adoptées; et c’est avec raison qu’on a rejeté-l’idée de les admettre exclusivement, parce que pour le tir à;