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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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DE LA MARINE ACTUELLE. 63

favorable à la diminution des effets incommodes et destructeursdu recul. Cependant la trop grande longueur et le trop grandpoids des bouches à feu ont de graves inconvéniens, tant sousle rapport de l’arrimage du bâtiment, que sous le rapport de larapidité du tir pendant le combat.

Les progrès successifs de l’art des fontes, et une observationplus éclairée des véritables effets des bouches à feu, ont conduità reconnaître par l’expérience, la possibilité de réductions, quiont été faites successivement dans la longueur et le poids descanons de terre et de mer.

Les canons en fer français de 24 pèsent maintenant 212 foisautant que le boulet, et jadis ils pesaient davantage.

Les nouveaux canons en fer de 24 anglais, des généraux Con-grève et Bloomfield, ne pèsent que 187 fois le boulet.

Les canons de fer de 24 qui se font maintenant en Suède nepèsent que i^3 fois le boulet.

Enfin, on lance un boulet de 24 avec une carronade en fer quine pèse que 70 et même 5o fois ce boulet, et qui n’a pas plus demétal qu’un canon ordinaire de 6.

De même : on lance un boulet de 36 avec un canon en fer quipèse 192 fois ce boulet, et avec une carronade en fer qui ne lepèse que 67 fois, et n’a guère plus de métal qu’un canon en ferde 8. Ce boulet de 36 est même lancé avec une espèce de carro-nade en bronze, qui ne pèse que ï 6 à 17 boulets, et n’a pas au-tant de métal qu’un canon ordinaire de 4-

Il y a donc des limites extrêmement distantes, entre lesquelleson peut faire varier le poids des bouches à feu d’un même ca-libre 5 et depuis quarante ans que les carronades sont inventées,on a pu remarquer : que puisqu’un boulet de 36 peut être lancéutilement par la carronade qui ne pèse que 67 fois ce boulet, ilpourrait, à beaucoup plus forte raison, être lancé par des bou-