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Nouvelle force maritime, et application de cette force à quelques parties du service de l'armée de terre : ou essai sur l'état actuel des moyens de la force maritime; sur une espèce nouvelle d'artillerie de mer, qui détruirait promptement les vaisseaux de haut-bord; sur la construction de navires à voile et à vapeur, de grandeur modérée, qui, armés de cette artillerie, donneraient une marine moins couteuse et plus puissante que celles existantes; et sur la force que le système de bouches-à-feu proposé offrirait à terre, pour les batteries de siège, de places, de côtes et de campagne / par H.-J. Paixhans
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80 NOUVELLE ARTILLERIE

2 0 . L’augmentation du calibre d’un canon de marine, n’exigepas l’augmentation de longueur de ce canon, puisque l’épaisseurdes sabords est toujours la même ; par conséquent le poids dela bouche à feu augmente proportionnellement beaucoup moinsque son calibre.

3 °. Les obus ou bombes du diamètre de 8 pouces (calibrede 8o) sont les plus gros projectiles creux qui se tirent aujour-d’hui dans les directions horizontales ; et comme la bouche àfeu avec laquelle ils sont lancés, ne pèse en France et ailleursqu’environ i i 5 o livres, et ne permet par conséquent d’employerqu’une très-faible charge, on n’a pour ces obus ou bombes quedes portées inférieures à celles du canon de 4, et à peine suffi-santes pour tir à ricochet, qu’on avait eu primitivement en vue;mais les Espagnols ont fait récemment pour tirer ce même pro-jectile creux du calibre de8o, un obusier qui ayant le poids de2400 livres, permet d’employer des charges de poudre bien plusfortes et donne par là des portées égales à celles des gros canons.Il est donc évident : qu’on pourra s’élever au-dessus du calibre de80 et qu’on obtiendra des portées considérables, en lançantde gros projectiles creux, avec la charge de poudre et avec lalongueur de bouche à feu, que comporteront des pièces ayantles poids de 5 ooo et de 7500 livres; poids qui sont quatre etsix fois aussi grands que celui de l’obusier français de 80 ; quisont deux et trois fois aussi grands que celui de l’obusierespagnol;et qui cependant sont d’un usage habituel pour les bouches àfeu dont se sert la marine.

Il résulte de ces observations, et de quelques autres en-core (1), qu’en tirant un parti convenable de l’abondance de

(1) Par exemple ces deux-ci : i°. Il n’y a nulle raison de ne pas admettre au fondde l’âme des bouches à feu , ayant une certaine longueur , une chambre semblable ,