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Tome premier.
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tes d’arbres coupés , étendus toutde leur long , avec toutes leursbranches , qug nous appelions au-jourd’hui Abatis.

Tous les Peuples du Monde ontconnu cette méthode, & Pont pra-tiquée ; on la trouve partout dansles Historiens de l’Antiquité. Hé-rodote , Thucidtde , Xenophon ,Polybe , Denis d’Halicarnasse ,Plutarque, & une infinité d’Au-teurs Grecs & Latins , tous géné-ralement font mention de ces sor-tes de fortifications.

Quand Camille vint au secoursde P Armée Romaine assiégée paries Volfques , comme les Romainsà l’arrivée de ce secours reprirentcourage , & résolurent de sortirpour combattre , ils trouvèrent ,dit Plutarque , les Latins 8c lesVolfques renfermés dans leur camp,retranchés & fortifiés par de bon Tnés palissades , & avec quantitéd’arbres qu’ils mirent en travers.

Germsnicus , au rapport de Tacite , s’éranr ouvert un passage àtravers la forêt de Céda , se forti-fia dans son camp par des arbrescoupés.

La circonvallation de Platée parles Laeédémoniens & lesThébainsest aussi dans le même goût. Ar-chiòamus Roi de Lacédémone ren-ferma la Ville d’une circonvalla-tion d’arbres étendus de leur long,& l’un auprès de l’autre ,avec toutesleurs branches entrelacées les unesdans les autres , & tournées ducôté de la Ville , pour empêcherque rien n’entràt m ne sortît de laPìace. II ne manqua pas d'oppo-fer les mêmes obstacles contre lessecours qui pouvoient venir dudehors.

Jules - César dans le fameux siè-ge d’Alexia , pour se garantir con-tre les insultes des assiégés , dontla garnison étoit nombreuse » fit

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faîse au-devant de ses lignes deFíoíìës de cinq pieds de profon-deur , ou il fit enfoncer des bran-ches fortes , aiguisées par Je bour,& liées ensemble , afìn qu’on nepût pas les arracher ; il y en avoircinq rangs de fuite. Le travail queJules-César fit faire en Abatis , etitroncsd’arbres fichés enterre pourarrêter les sorties des assiégés , &mettre ses lignes à couvert, estimmense. II n'y épargna pas desespèces de chausse -trapes , qu'iîfit jettes devant ces sortes de for-tifications, En un mot ces arbresinclinés , ces pieux aiguisés parle bout, étoient autant d’hérislons,& un Abatis très-redoutable.

Les Abatis d’arbres sont encored’ufage. Quand on en a besoinpour empêcher l’ennemi de péné-trer dans un lieu , on abat unequantité dç grands arbres , qu'onentasséles uns sor les autres.

On fait des retranchemens avecdes arbres abatus , Jettes confusé-ment , & dont on taille en pointeles principales branches du côtéde Pennemi, Cette espèce de re-tranchement est admirable.

C’étoit le retranchement le plusordinaire des premiers François.Ce retranchement a été du gousde bien d’autres Peuples, C’est ce*lui qui fe présente le plus naturel-lement à Pesprit de gens qui n'ontd’autres instructions que celles queleur dicte le bon sons.

Les François accoutumés dansla Germanie , Pays de leur pre-mière demeure , à ne fe servirpour la sûreté d'un campement,que de ce qu'ofsroit le lieu où ilsfe trouvoient, ne prirent pas d’a-bord l’usage des Romains fur l'artde camper ; ils le firent des re-tranchemens d’arbres en Abatis .

Quand la Gaule ce fia de leurfournir des bois à foison , comme