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champ de bataille. C’est-là qiie îeDuc de îeimar recueillit les tris-tes débris de son armée. II setrouva sans vivres , fans équipa-ges & fans munitions ; en unmot, réduit dans Tétât du mon-de le plus désagréable. Le Duc deRohan , Thomme le plus féconden expédiens & en ressources har-dies & vigoureuses, lui dit qu’iliTy avoir rien de désespéré avecde si braves Soldats. II proposa auDuc de Veimar de remarcher auxennemis. Celui-ci goûta cet avis,qu'il trouva digne de son courage »de fa vertu , de l’extrémité où ilfe voyoit réduit.
On sonde la volonté des Offi-ciers des corps , & ceux-ei celledes Soldats ; ils répondent tousunanimement qu’ils sont prêts àtout faire. On les rallie , & cha-cun Joint son drapeau. On forceune marche de nuit avec une in-croyable diligence. On arrive aupoint du jour fur l’ennemi , quine s’attendoit à rien moins qu\\une telle visite. On le surprend,& sans lui donner le tems de sereconnoître, il elL attaqué & battufans presqu’aucune résistance : touts’enfuit , tout s'en va , & rienne demeure. Le canon , les ba-gages , les munitions de guerre ,rien Réchappe à f avidité du vain-queur. On n’a jamais oui parlerd’un évenement semblable.
Si le Maréchal de Bousiers , undes plus braves hommes & desmeilleurs Citoyens que la Franceait jamais eus , fans écouter lesconseils de certaines personnesaprès ía bataille de Malplaquet ,eût marché quelques jours ensuitedroit à l’ennemi, qui assiégeoít'Mons, il Teût surpris , & lui eûtfait boire le même vin que lesBavarois burent à Rhinfelt.
Une bataille perdue emporte
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presque toujours après foi îa pertede Tartillerie de Parmée , & sou-vent celle de ses bagages. Ungrand combat perdu , quoique plussanglant, emporte rarement la per-te de toute Tartillerie , & presquejamais celle des bagages ; parceque les armées n’ayant pû sabor-der par leur front, il est certainqu’eUes n’ont pû souffrir qtìe dansla partie qui a combattu.
* Les batailles décident sou-vent du succès de toute la guerre,au moins presque toujours de lacampagne : ainsi elles ne sont don-nées qu’avec nécessité , & pour desraisons importantes.
Les raisons pour chercher Ten-nemi & pour le combattre , fontla supériorité en nombre & enqualité de troupes ; la désunionentre ceux qui commandent unearmée, ou leurs intérêts différons;Tincapacité des Généraux enne-mis , leur négligence dans les cam-pemens ou les marches ; la néces-sité de secourir une Place assiégée ;la ruine & la dissipation d’unearmée ; la certitude d’un secoursdom la jonction pourroit rendreTennemi supérieur , & changer laconstitution de Ja guerre ; l’ayan-tage qu’on peut avoir eu sur luidans quelque occasion particuliè-re , qui, pour n’avoir point été dé-cisive , n’auroit pas Iaislé que d’êtreconsidérable ; ou enfin la raisonde décider la guerre par une é<2-taille : ce sont une ou plusieurs deces raisons qui, selon M. le Mar-quis de Feuquieres, doivent por-ter à donner une bataille .
Celles qu’il donne pour éviterde combattre , sont, d’avoir moinsde profit à efperer d’une victoire,que de désavantage à craindred’une défaite ; d’être inférieur cnnombre à Tennemi, & en qualitéde troupes ; d’auendre un secours