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il pesoít quatre cents ou quatre centcinquante,& étoit long de quatre àcinq pieds.
11 semblera peut-être d'abordinutile que je fade ici mention deces pièces , dont les noms bizar-res font présentement presque in-connus. Cependant il est néces-saire qu’un Officier qui entre daijsle Corps Royal de l’Artillerie &du Génie , en ait connoisiànce ,parce qu’outre qu’il est encore restéquelques-unes de ccs pièces en cer-taines Places du Royaume, il peutarriver qu’il fera obligé d’allerfaire des inventaires dans des Paysnouvellement conquis , où il s’entrouvera de pareilles , & portantler mêmes noms ; ce qui l’em-barrasieroit s'il n’étoit préparé là-dessus.
II faut même qu’il sçacbe qu’ily a beaucoup de ces pièces dequarante-huit , quarante & trente-six livres, dont on se sert fortlbiendans les Places &. dans les sièges,& qu’il y en a auffi de calibreau-dessus de quarante-huit livres ,comme à Strasbourg , où il y ena une de quatre-vingt-seize livres-
Les Espagnols par dévotion leuront donné quelquefois des nomsde Saints; témoins les douze Apô-tres que PEmpereur Charles-Quintfit faire à Malaga , pour son expé-dition de Tunis.
Le plus gros canon dont il soitfait mention dans nos Histoires ,est celui qui fut fondu à Toursfous Louis XI. & transporté à Pa-ris. J1 étoit de cinq cents livres debaies , &portoir depuis la Bastillejuíqu’à Charenton. On croit (quec’écoit plutôt un mortier qu’un ca-non.
II est fait mention d’une Ser-pentine de Malaga , qui étoit de«uarre-vingt livres de baies , dontJç bruitJTiulbit avorter les femmes;
d'une autre de soixante & dix li-vres ; de la PimenteiLe de Milan ;de la Diablesse de Bolduc , & dequelques-autres , dont la portéeétoit prodigieuse.
Sous Charles VII. il y avoir uncanon d’une fi grande pesanteur ,qu’il falloir cinquante chevauxpour le traîner sur son affût. Maisie canon que le Prince Eugene pritfur les Turcs dans Belgrade , oudans leur camp » qui cire cent-dixUvres de boulets & cinquante-deux livres de poudre , 'pasiètous ceux qu’on ait vus de notreterns.
Les Turcs se font servis autre-fois de gros canons, & de bou-lets de pierre , & s’cn servent en-core dans leurs Forcereslês mariti-mes.
Sous Charles VIII. Louis XII.3c François I. les canons étoientcommunément de cinquante livresde hales,
C’est de France que l’usage de lagroilè artillerie a paífë en Italiesous Louis XII.
Les canons furent d’abord defer ; mais étant trop cassans ,on en fit d’un alliage de métaux ,auquel on a donné le nom defonte.
Un Fondeur de Lyon nomméEmmeri , inventa une pièce qu’onappelle Jumelle , parce qu’eîleétoit composée de deux canons ,séparés Pun de Pautre par en haut,& réunis dans le milieu , vers laceinture ou ornement de volée.Ces deux canons , fondus ensem-ble , avec une seule lumière ,étoient de quatre livres de baies ,& de la longueur de cinq piedsquatre pouces.
Sur une pareille idée , un Re-ligieux Italien en inventa un itrois canons , unis tout du long,& qui ne se séparoient point, dont