ilï produites, ni payées par un Test-liment qui la dégrade. D’ailleursJe dévouement de la vie que lesgens de guerre font à leur pays ,n’eft pas une chose qu’on puisseapprécier à prix d’argent : celui quivendroit son sang à prix d’argemferoit trop payé ; celui qui se donnel>ar zele & par amour pour la gloirene peut ferre assez. La gloire seuleest d’un prix analogue à la dignitéde famé qui se sacrifie pour elle.
Je n’ai pas dessein de parler icide tous les prix honorifiques , quichez les différens peuples de l'uni-vers, otu excité l’émulation descitoyens. Cette discussion me mé-neroit trop avant, à je veux seu-lement exposer en peu de mots ,qtielles étoient les différentes cou-ronnes militaires que les Romainsdiflribuoient.
J’en trouve ík dans les anciensAuteurs. La couronne triomphale ;Vovale , fi l'on peut rendre parce mot Vovalis , qui signifie îatouronne de Vovation ; L’objidic-nale ou des sièges ; la civique ; lamurale ; eelle des camps , eafiren-fis , & enfin la navale.
La couronne triomphale apparte-Jioit aux Généraux, qui ohtenoientles honneurs du triomphe : cettecouronne qui d’abord fut de lau-rier , devint d'or dans la fuite destems ; bientôt ce qui avoit été unhommage devint un tribut. LesVil-Jes étoient contraintes de donnerdes couronnes d’or au Général ou àTEmpereur qui triomphoit ; on lespayoit de leur victoire , au lieuqu’on les cn récompenfoit aupara-vant. Cette cfpece d'impôt s'ap-peìloit aurum coronarium .
La couronne ovale étoít de myr-the : on Içait assez quelîe étoit la dif-férence de ['ovation Sc du triom-phe. Une guerre , ou qui n'étoitpw tout-à-ftit tenninéc > ou qui
étbit tfop peu importante contredes ennemis , ou trop aisés à vain*cre , ou trop peu recommanda-blés, telle que la guerre contre lesPirates , ou contre les esclaves,nc procuroit que Vovation au Gé-néral vainqueur. En formant cettocouronne de myrrhe, arbre consa-®cré à Venus , on avoit prétendu ,dit Aulugelle , faire allusion à lafacilité de la victoire.
Crassus, après deux victoires quiterminerent la guerre des fugitifsou des esclaves , ne mérita quel'oVíition; il avoit cependant gagnédeux batailles 5 Tune contre Gra-nicus , qui étoit resté furie champde bataille avec trente-cinq millemorts ; fautre contre Spartacus ,qui y avoit aussi été tué avec qua-rante mille de ses Soldats ; maison ne crut pas qu’il fàt de la di-gnité du peuple Romain , d’accor-der le triomphe pour des ennemissi ignobles, donc la défaite sem-bloit un châtiment plutôt quunevictoire. Ce sentiment avoit d’au«tant plus de partisans,qu’on s’essor-çoit par-là d’oubìier qu’ils avoienrdonné de l'inquiétude aux Ro-mains pendant quelque tems, &l’on publioit quhls n’étoient pointredoutables , avec d’autant plus defoin , qifon rougissent de les avoircraints, La vanité de Crasses n©fuivoit pas le même système quec°lb des Romains, li refusa lacouronne de myrtke , & ses inté-rêts & son crédit lui procurèrentìa couronne de laurier , qui lui furdecemée par un Arrêt du Sé-nat , quoiqvfelle n’appartînt qu’auxtriomphateurs.
La couronne objíiionale se don*noit à un Général qui avoit faitlever un siège. Les habitans de laVille délivrée , oííroienr k leur li-bérateur ce :émoignage d’une justoreconnoissance ; la couronne étoitM m iij