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Quelques exemples dans les Histo-riens anciens 8c modernes de Gé-néraux , qui ont employé les ra-deaux dans le paflàge des grandesrivières de vive force.
Les radeaux ont un avantagefur les bateaux pour fe pasiàge desrivières; ceux-ci demandent beau-coup de foin , dc teins, & dedépenses : ceux * là font très-sim-ples , très - aisés à construire , &l’on en Fait un très-grand nombreen fort peu de rems.
M. le Chevalier Folard proposedes radeaux portatifs » & qui fontpurement de son invention , qu’onpeut transporter aisément sansgrand attirail, dont les matériauxie trouvent par-tout dans le camp,comme dans les Villes » & par lemoyen desquels on peut embarquerautant de monde que Ton veut ,fans qu'il soit besoin de les cons-truire sur !a riviere , comme lesgros radeaux , composés de plu-sieurs lits de poutres les unes furles autres , en long & en travers,comme ceux du Roi de Suede ,qu’ils appellent prames , ainsi quecertzlns bateaux plats. Comme ilsfont très-légers, & qu'on les for-me par châssis, les Soldats les fontdans le camp, & les transportentaisément sur les rivières. On amar-re ces châssis les uns à côté desautres , & cet ouvrage est fait enun instant- On en peut voir l’ex-plication dans !e quatrième vo-lume de cet Auteur , page 67.
Les anciens Peuples de l’Asie ,& ceux même d'aujourd'hui, quihabitent fur le bord du Tigre & dePEuphrate , se fervoient de peauxde bouc ou de chevre enflées ,pour passer les grandes rivières.Tite - Live prétend qu’une partiede l’Infanterie d’Ánnibal pa/îâ leRbône à ia rnage fur des peaux eu-
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fiées. Alexandre fe servit du mêmemoyen au paflàge de l’Hydaspe &de i’Acesinc.
Pour faire ces sortes de bateaux,dit Thevcnot dans ses voyages ,on attache plusieurs outres enfem*ble, qu'on joint des quatre côtéspar autant de longues perches liéesétroitement ensemble , & l’on cou-vre le tout de plusieurs branchesmises en travers , & liées aux mê-mes perches. On borde cette es-pece de radeau de petits fagotsd’osier d'un demi-pied de diamè-tre. ïl faut arroser ces outres pardessus tous lesdemi-qnartsd’heuresde peur qu'elles ne désenflent. 71faut tous les soirs ressouffler cesoutres » qui ne laissent pas , ditl*Auteur, de porter quinze ou vingtquintaux de marchandises , & au-tant d’hommes.
Charles XII. Roi de Suède ,excelloit au-deflùs de tour ce qu’onpeut dire dans le passage des ri-vières ; il ne les passa jamais qu*fur des radeaux. Ils écoient cons-truits avec un tel art , que lesSoldats s’y mettoient au-dessus enbataille , fur dix de profondeur ,& même avec du canon, Ces rL-deaux étoient composés de plu-sieurs lits de poutres cn long &en travers , fort prés à près, oc for-tement liées. Celui qu’il fil faire en1718. pour passer le Lac de Suiti-Sund à Fridericshal, est de tousJe plus parfait. Les poutres étoientéquarries fur quatre ou cinq litsavec un bordage de poutres , deuxpieces de vinçt-quarre & cinq censhommes dessus. Son passage de UDune en 1701. est aussi tout cequ’on peut imaginer de plus pro-fond. II fît faire des radeaux denouvelle invention , fur lesquels ilmit de l'artillerie 8c quelques bar-ques remplies de pailles mouilléesou Ton mit le feu » afin que la fur