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côté. Les autels des victorieux nefumoient pas moins par recon-nojífance. Rome ne fut jamaisplus dévote que du tems d’Anni-ba!. L'adverfiié feule a ce pouvoir-là , & la prospérité de nos affairesfait un effet tout contraire dans lecoeur des hommes.
C'étoit la coutume des Romains,dit Poiybe , de ne rien épargnerpour fléchir les Dieux dans leurcolore : ils ne trouvoient pas ,comme Aj.ix, que ce fût une chosehonteuse de vaincre, ou de fe tirerd’embarras , par l’aíTistance divi-ne. C’tst ainsi , disoit l’EmpereurAurclien au Sénat » que nos an-cêtres ont commencé & terminéplusieurs guerres fâcheuses, & re-connu que jamais leur secours nefît home aux Nations belliqueuses& bien commandées.
Jamais les Romains n'en curentun plus grand besoin Leurs Sol-dats étoient bons , ils le Cçavoientbien , mais cela ne suffisoit pas :il falToit de bons Généraux ; carun bon & un manvais , lorsque lecommandement est partagé , &que chacun fait à fa tête , lorsqu’ilest en jour » c’est tout commerien. Quand le tour d’iEmiliusvint pour commander, ce Généralremporta un grand avantage furAnniba! ; mais le lendemain Var-ron son collègue perdir tout par sonignorance & fa lâcheté.
On avoit raison a Rome de s’al-Jarmer » lorfqu’on y apprit que lesarmées étoient cn présence , &que les Consuls n’étoicnt pas d'ac-cord. Li dévotion du Peuple re-doubla . les Temples ne défem-pîisloiens pas à ia veille d’un sigrand é<encment. Tout étoit enprières ,en vee.rx Lc en sacrifices:mauvais tems pour les boeufs &pour les moutons, & abondance
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de biens pour les Prêtres & Jes Sa-crificateurs.
Ce que les Payens faisoient dansla prospérité de leurs affaires, com-me dans leurs plus grandes infor-tunes , c'est-à-dire après les plusgrandes victoires » ou dans leursdéfaites les plus compleites , lesModernes le font aussi, & ne Ictircèdent pas en actes de dévotion.Cela se remarque dans toutes lesReligions du Monde entier.
Les Prêtres du Paganisme, dontle nombre n’étoit pas moins granden ce («ms-là qu'il Test aujourd'huidans les Royaumes de Siam, de laChine & du Japon , ne faisoientjamais une plus grande récolted'argent & d'offrandes que dansles tems de calamités. La peste ,la guerre, les tremblemens de ter-re, Jcs prodiges & les phénomè-nes célestes les plus extraordinai-res » comme ceux de la terre, toutleur produilbit : c’écoient des fa-veurs de leurs Dieux. lis les re-mercioient , & s'en réjouissoientdans le fond du cœur, pendant quetoute une Nation ou toute uneVille étoit dans Paffliction , dansrabattement, & dans la crainteque le mal n’empirát : enfin iistrouvoient le moyen , à l’aide deleurs prières, de leurs sacrifices,& des fourberies des oracles deleurs Dieux, qu'ils faisoient parlerà leur fantaisie , de s'enrichir dansles tems les plus misérables, com-me dans les plus heureux.
Voilà cc que le Commentateurde Poiybe nous apprend des re-jouijsances & prières publiques desAnciens. Pour nos réjouijsanctspubliques occasionnées par des vic-toires & des prises de Villes, ellesfont toujours précédées d’un TeDeum , qui se chante dans toutesles Eglises de détendue du Royau-me, Celles que nos Peres ont vues