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Tome troisieme.
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ìjn'on appeïlc chef de sappe , fairrouler devant lui un mantelet domil sc couvre , & pose à son côtéun gabion , qu’il remplit cn mê-me tems de terre , en creusant unpied & demi de profondeur, surautant de largeur. Ce gabion rem-pli » il en avance un autre surPalfgricmcnt marqué, & e rem-plit , en continuant toujours de lamême minière.

Le second Sappeur pose troisfascines lur ies gabions , remplit& approfondit l'ouvrage du pre-mier d'>,n demi-pied , l’élargtilantde même. Les entre-deux des ga-bions doivent être fumés par desfagots de jappe , ou par des sacsà terre.

Le troisième Sappeur agranditl’ouvrage du second d’un demi-pied de largeur, & d’autant deprofondeur ; & le quatrième faitla même chose par rapport à l'ou-vrage du troisième : ce qui met letravail à trois pieds de profon-deur , &: trois de largeur.

Les deux ou qua*re Sappeursrcitans portent pendant ce teins-là les gabions » fisscines , sacs àterre , ou les fagots dc sappe , àceux qui travaillent , K le tien-nent toujours en état de prendrela place de ceux qui peuvent êtretués ou blessés.

Lorsque les brigades ne font quede six Sappeurs, il faut en m tiredeux à chaque sappe pour se relever alternativement ; mais lorf-quVìics font de huit, un seul suf-fit , parce que les quatre derniers,qui ne travaillent point, peuventprendre la place des premiers ,lorfqu’ils se trouvent fatigués.

Chaque Sappeur doit devenirà son tour chef de sappe , pour par-tager également 1c danger. Lesoutils que chacun doit avoir, font#ne fourche dc sappe pour placer

îe gabion fans fc trop découvrir,un crochet pour Parranger » unemasse pour battre les piquets dugabion , & ks mieux faire tenir,une pioche pour creuser Ja terre ,une pelle pour ia jetter » une jaugede sappe , pour mesurer Pexcavartuai -..u'il sait.

La sappe va nuit & jour ,& nediscontinue jamais : on peut mêmeen faire pluiìcurs à la fois , pouravancer l'ouvrage. Ainsi » supposéqu'on veuille prefler la derniereparallèle , cequ’il ei\ important defaire , on marque Malignementqu'on veut lui donner , & l’on metensuite sur cet alignement trois ouquatre sappes détachées » qui pouf-fant leurs travaux viennent à serejoindre. On fait la même chosepour chaque retour de la tran-chée.

A mesure que les Sappeurs ontfini quelque paine de leurs ou-vrages , on y envoie les Travail-leurs , qui lui donnent douze toi-les de largeur, fi c’eít la tran-chée ; quinze , si c’eft la secondeparallèle , & dix-huit, si c’dt lacoisieme. On met sur le parapetde celle-ci , & de tous les ouvra-ges qui iuntprês de la Place, desfc.es à terre , qui laiíîènt entr’euxune petite ouverture à pouvoir pas-ser le fusil , & on les couvre d’au-tres sacs par-dessus , afin de tirerfur Pcnnemi fans être vu.

La sappe fait une partie consi-dérable de la tranchée , & on en-tend par sappe la tête d'une tran-chée , qu'on pou fie pied à pied ,qui chemine jour & nuit égale-ment. En apparence elle avancepeu , mais elle fait beaucoup dechemin , parce qu'elle marche tou-jours. Pour se rendre habile dansle métier des sappes , il faut dePapprentislage. Un Sappeur y ex-celle bientôt , quand le courage