Buch 
Pièces qui ont remporté le prix de l'Académie Royale des Sciences, en MDCCXLIII et MDCCXLVI sur la meilleure construction des boussoles d'inclinaison, et sur l'attraction de l'aiman avec le fer ... : selon la fondation faite par Rouillé de Meslay
Seite
143
JPEG-Download
 

ET DES PROPR. DE LAIMAN. 14 ;la matière Magnétique à la rencontre du morceau de fer E,au lieu de continuer sa route vers C, fe détournoit vers D,en traversant en ligne droite le fer E.

Car en général, la matière Magnétique tend à traverserle fer suivant fa plus grande dimension, parce quelle trouveun passage plus libre dans le fer quailleurs. La raison enest, que le mouvement de cette matière étant accéléré dansles fibres du fer, à cause de leur agitation très - rapide &continuelle, il sy fait une efpéce de fuccement ; ôc on voitbien que ce fuccement doit être plus fort suivant la lon-gueur du fer, que suivant son épaisseur, si le fer est pluslong qu'il n est épais.

Cette explication assez naturelle delle-même , est con-firmée encore par les circonstances suivantes.

I. Les pièces de fer dont on arme les A imans , ont tou-tes la patte plus épaisse que le reste ; car de cette maniéréle fuccement est renforcé.

II. Ces pièces de fer étant trop épaisses par le haut , nontpresque aucune force attractive vers la patte,parce que lefuccement suivant la longueur, ne prévaut pas assez furiefuccement suivant lépaisseurdu fer, pour pouvoir détour-ner la matière Magnétique en quantité fusillante.

III. II ne faut pas non plus que les pièces de fer soienttrop minces par le haut, parce que 11 on narmoit lAimanque de lames'de fer très-minces, le torrent Magnétique quife meut avec une grande rapidité , traverferoit iépaisseurde ces lames , avant quil eût le tems de fe détourner.

Mais ce qui mer notre explication entierement hors dedoute j cest une expérience très-aifée à faire, & qui y a unsi grand rapport, quon peut la regarder comme une dé-monstration de ce que nous avons avancé.

Soit un vase FAG ( Fig. X. ) plein deau jufquen FG,avec un tuyau A B D , dont la partie A B soit cylindrique ;que ce tuyau ait un coude en B , & que depuis ce coude ildescende en sélargissant; concevons aussi quil soit cribléen E ; il est clair que si on bouche avec le doigt louvertureCD> leau portée de A vers B , ne pourra sortir que par les