PRE FACE.
précision les antiquitez de Rome, de Ravoir lequel de ccs Autheurs qui fonten réputation devoir être fuivy, comme ayant donne les véritables mesures^Mais lorsqu étant fur les lieux say employé tout le foin nécessaire pour êtreécla.ircy fur ce doute, j’ayesté bien surpris de trouver un autre éclaircissementque je ne cherchais pas, qui a esté de voir que ceux qui ont mesuré jusqu àprésent les Edifices antiques nel on pas fait avec précision, bí qu iln’y a aucunde tous les desseins que nous en avons, où il ne fe trouve des fautes tres-consi-derables.
Quqy que ce ne soit pas une grande louange, que d’avoir eu la patience deprendre toutes ces mesures, bí que la capacité des exccllens hommes qui ontramassé les desseins des Edifices antiques, bí qu'ils nous ont çxpliquez avectant de doctrine ne soit pas beaucoup intéressée dans les défauts qu on y voit,qui ne doivent être imputez qu’à des Ouvriers qu’ils ont employez à ce travail,lesquels n ont pû savoir que par conjecture, & par estime beaucoup de choses,pour être ou presque inaccessibles par leur hauteur,ou cachées dans la terre dontelîesétoient couvertesjje n’auroisneanmoins jamaiseu la hardiesse de paroître cnpublic,en une qualité aussi peu favorable qu’est celle de réformateur desOuvra-ges gcnerallement approuvez, si je n’avois esté obligé d’obeïr à des Puissances,bí de déférer à des approbations qui ont dû surmonter bc mon inclination à neme point produire, bí la deffìance que mon âge me doit raisonnablement faireavoir dans une entreprise de cette importance.
Il est donc à propos avant que de juger de ma conduitte fur sédition de cetOuvrage, que son fçache avec quel esprit je l’ay entrepris j par quelle con-duite il a esté mis en Testât où il est, bc ce qui m'a porté à le publier : car lavérité clique je ne Pavoispremicrcment entrepris que pour mon instructionparticulière.
Monseigneur ColbertSurintendant des Bastimens du Roy,pour executerlc dessein que Sa Majesté a de faire cultiver les Sciences bí les Arts en soitRoyaume , avec un foin, bc par une magnificence digne de fa grandeur ,ayant étably une Académie d*Architecture dans le Palais Royal , où ily a des assemblées des Architectes du Roy. J’obtins en 1671, la per-mission detre présent à ces conférences, où aprés avoir pendant prés de deuxans profité des avantages qui! y a d’entendre des personnes consommées dan;toutes les connoissances de TArehitecture ; je fus fur la fin de Tannée 1674»envoyé à Rome avec les Académiciens que le Roy y entretient pour étudierP Architecture, la Peinture bc la Sculpture ; je partis avec résolution dene rien épargner pour me prévaloir d une occasion si favorable au désirardent que j’avois de m’instruire j bc me propofay d'employer dans ce voyagetoute la peine bc toute la patience nécessaire pour venir à bout de ce dessein ije ne man qu ay pas de matière. D’abord nous fûmes pris des Turcs qui nousmenerent à Alger, bc nous y retinrent prisonniers pendant seize mois, d'oùayant esté délivré par un échange que le Roy fit, je ne me trouvay point en-core à Rome dans la liberté que j’aurois pû désirer, pour étudier à ma ma-niéré ces excellens tnonumens de Tesprit , bc du sçavoir des anciens, quej’avois souhaité de voir avec tant d’empressement, bc que j’avois intentionde connoistre, bí d'examiner avec une exactitude qui ne m’écoit pas permise.3e voyois que pour deterrer ce qui estoit caché, bc pour approcher commeje voulois de ce qui estoit élevé, il me falloit faire des depenccs ,& me don-ner des peines qui estoient beaucoup au dessus de mes forces. Mon zele