DU PANTHEON.
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î j A dix-huitiémc Planche represente une partie de l’élevation de Panique du de-dans duTemple, &c les profils en grand défiés membres. Il faut remarquer que le fuitdes pillastres, Sc les panneaux Sc compartimens qui font entre deux, n’ont aucune fail-lie fur le nu du mur, Sc qu'ils ne font distinguez que par les couleurs des marbres dif-ferens dont ils font faits : les bazes mefme Sc les chapiteaux ont si peu de faillie qu’ilsne font qu en bas relief; les trois bandes de l’architrave n’ont pointants de failliel’unefur í’autre, n’estant distinguées que par leurs couleurs. Toutcét attique est donc com-posé de quatre fortes de marbre, f^avoir de marbre blanc, de marbre isabelle, de por-phyre , Sc de serpentin. Les parties faites de marbre blanc , font le soubassement, lessocles ,les bazes, & les chapiteaux des pillastres, le champ des compartimens ,1e cham-branle & la corniche des croisées, les bandes inferieure & fuperieure, Sc la cymaise del’architrave, &la corniche de l’attique. Les parties faites de porphyre , font les pilla-stres , les frizes d’entre le chambranle Sc la corniche des croisées, les ronds de dessusles croisées , Sc ceux d’entre les panneaux qui font entre les pillastres du milieu. Lesparties faites de serpentin , font les panneaux couchez du haut & du bas des autresentrepillastres , la bande du milieu de l’architrave , les petits panneaux montansaux costez des cercles de l’entrepillastre du milieu , les bordures des grands pan-neaux des autres entrepillastres , Sc les bordures des petits panneaux quartez du dessusdes croisées. Les parties faites de marbre isabelle , font le dedans des panneaux dudessus des croisées ; la bordure du grand panneau de l’entrepillastre du milieu , Sc lesgrands panneaux des autres entrepillastres. Dans cet attique de mefme que dans le grandordre du dedans du Temple, les faillies ou foffites des moulures ne font point la pluf-part à niveau, mais elles pendent en devant : les faces auísi quelquefois ne font pointa plomb , mais inclinées en devant , ce qui est fait apparemment pour distinguer cesmembres les uns des autres, &pour faire que leurs largeurs ou hauteurs paroissentplusgrandes quelles ne font. J’ay autrefois entendu traitter dans l’Academie Royale d’Ar-chitecture cette question du changement des proportions, suivant les disserens aspectsque la hauteur ou leloignement peuvent donner aux membres des Edifices. Les opi-nions estoient partagées ; car les uns suivant les fentimens des Architectes modernes,difoient que c’esten cela que consiste toute la capacité d’un Architecte que de savoirbien ménager ce changement qu’il faut toujours pratiquer. Les autres suivant l’avis deVitruve au second Chapitre de son sixième livre , foustenoient que cela ne fe doit faireque rarement ; les circonstances qui le peuvent permettre ne fe rencontrant que peusouvent. Car à l'égard de la proposition generale du changement des proportions, ilsdifoient que le jugement delaveue qui nefe trompe presque jamais, rendoit cette pré-caution inutile , ainsi qu’il est expliqué dans les notes fur l’endroit de Vitruve que jeviens de citer; Sc mefme que le changement des aspects qui est presque toujours librepourroit souvent rendre ce changement vicieux ; puisque si par exemple l’inciinaifonen devant fait paroistre une face assez large à une certaine distance , elle doit paroistretrop large , si l’on s’approche davantage. A l’égard des occasions de fe dispenser desréglés ordinaires,on difoit qu’elles estoient tres-rares, comme d’estre contraint à n’a-voir qu’un seul aspect, ainsi qu’il arrive à ces figures d’Optique, dont les parties quoyque fans proportion paroissent bien proportionnées , à cause qu’on ne les regarde quepar un trou ; Sc qu’enfin cette inclinaison des faces mefmes en toutes fortes d’afpects ,faifoit toujours un fort mauvais effet quand il y avoir des angles qui la rendoient visi-ble, Sc que cela ne fe pouvoit pratiquer que lors qu’il n’y avoir point d’angles , ainsiqu’il fe rencontre dans l’attique du Panthéon. Qiul y avoir lieu de croire que cet exem-ple pris dans un Edifice si bien conduit, si bien entendu L- qui a tant d’authorité, avoirporté les Architectes à faire une réglé generale d’un exemple particulier , n’ayant paspris garde à cette uniformité de la corniche , qui tournant & revenant en elle-mefmcne fait aucuns angles, ce qui est une condition fans laquelle l’inclinaifon des faces estvitieufe. Ornonobstant ces raisons, je voy que c’est une pratique généralement reçeueque depancher les faces des moulures, & de ne faire aucun scrupule defe dispenser du