LES C EST ES DE JULES AFRLCALN. 4 a 7
feront usage de leurs arcs, & ne manqueront gueres de porter coup à unennemi qui est fort ferré & en foule. Cette décharge de traits l’ayant plus oumoins dérangé, il choquera avec moins d’impétuofité, tandis que votre infan-terie quitte dans un instant ses arcs, reprend ses piques, & sc poulie enavant avec d’autant plus d’assurance & de hardieífe.
S’il arrive que l’ennemi s’approche inopinément de vous avec des forcesinfiniment supérieures, & que ne jugeant pas possible de lui tenir tête,vous ne puissiez vous débaraster autrement de lui que par la retraite: voicicomme on doit s’y prendre. Vous tâcherez donc d’abord de vous saisir dequelque hauteur, & de disposer vos troupes scion le terrain, de façon ques’il ose monter à Tassaut, vous puissiez aisément le repousser en l’accablant detraits &c de pierres. Dès qu’il fait nuit, vous quitterez votre hauteur pour enaller occuper une autre, en vous éloignant de cette maniéré de lui, autantque vous pourrez. Mais si cet ennemi fe croit assez fort pour vous attaquerpendant le jour, &c que bien, que vous soyez maître de la plus haute monta-gne des environs, il se prépare à vous en déloger, il faut avoir recours à unebonne disposition de vos troupes, par laquelle vous puissiez rendre inutile unegrande partie des siennes.
Supposez que vôtre Infanterie consiste en trois phalanges, vous les ran-gerez toutes les trois de front, mais de façon qu’il reste pour intervalle de Tu-ne à Tautre, le terrain que chaque Phalange occupe. Puis vous ordonnezaux trois derniers rangs de vos phalanges de faire un demi tour, & de mar-cher par leur flanc pour remplir T espace vuide qui fe trouve entre les phalan-ges, & pour s’alligner ensuite avec les trois premiers rangs de celles qui fonten bataille, de forte que Tennemi en s’avançant, doit nécessairement croire,que les troupes qu’il voit de loin couronner la montagne, forment toutesensemble une seule ligne également sorte des deux côtés. On choisit pourcela autant qu’il est possible les endroits de la montagne, où le terrain s’abbaisife insensiblement pour poster les premiers rangs à Tendroit où il est le plusélevé. Lorsque Tennemi vient à s’en approcher, les trois rangs qui occu-pent les intervalles, ne changent pas de place, mais on donne le signal auxtrois phalanges de sc porter un peu en avant exactement jusqu’à ce que leurstrois derniers rangs foyent en mêmes lignes avec les trois intermédiaires quiû’avoient pas bougé de place.
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