DÉFENSE
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aux veîites placés en arriéré, & de l’autre d’augmenter la vigueur & la vivacité des at-taques. Inexécution n’en étoit pas non plus difficile. J’ai vû plus d’une fois dans lesmanœuvres que le Roi de Prusse fait exécuter en tems de paix, des lignes obliques frchanger dans un moment en échellons, par des mouvemens très simples, & les bataillonss’avancer successivement fans aucun embarras. L’ordre de f oblique fe prête admira-blement à cette elpéce dévolutions qui ne font ni compliquées ni contraires à aucunetactique. Mais quel homme raisonnable n’éprouveroit pas un sentiment de pitié, lors-que mon critique dit que je m’étois laissé séduire par le quart de conversion que Poiybedécrit, & qtfìl me demande, si au lieu de faire faire ces évolutions en avant, ce n’eutpas été en diminuer le danger que de les faire exécuter en arriéré? Ne feroit-ce pasabuser de la patience du lecteur que de répliquer à de pareils raifonnemens ?
Poiybe rapporte que Scipion étant venu avec ses troupes en présence d’Asdrubaî, futtrès embarrassé & longtemps incertain fur le parti qu’il avoit à prendre, à cause que la plusgrande partie de son armée consistoit en Espagnols, auxqueis il n’osoit se fier, & queses forces légionaires n’étoient que fort médiocres en comparaison de ces auxiliaires. Enconséquence de ce narré de Poiybe, j’ai dit que Scipion sentit la faute qu’il avoit faite des’être si fort avancé avec des troupes dont le malheur arrivé à son pere l’avertiísoit de sedéfier; & il falloit bien que je fisse mention de cette circonstance, puisque ce fut elle, quilui fit choisir cette disposition de bataille, la quatrième de celles que Végéce décrit, &par laquelle en refusant son centre, où il avoit jetté les Espagnols, il décida l’affaireuniquement par ses ailes composées de troupes Romaines.
Le Chevalier de Lo-l'ooz peu satisfait de ce récit fait un long épisode pour prouverque je faisois tort à la réputation de Scipion, en l’accusant de s’étre avancé trop loin avecses troupes, & qu’il n’étoit pas dans ces grands embarras, dont Poiybe parle, parcequ’ilavoit déjà remporté d’autres victoires avec les mêmes troupes qui lui étoient fort af-fectionnées. Tout ce raisonnement n’auroit pas le moindre air de vraisemblance contrele témoignage exprès de Poiybe: mais il prend le parti, pour dérouter le lecteur, derapporter aúx légions mêmes tout ce que j’avois dit d’après Poiybe, de la défiance que du-rent inspirer les Espagnols à Scipion, & alors il va son train & démontre, que les dix millehommes que Scipion avoit embarqués en partant de l’Italie joints aux débris des légionsde son pere étoient d’excellentes troupes dont il n’avoit aucune raison de se défier. Je megarderai bien de lui contester la bonté de ces troupes que períònne n’a jamais révoquée enlit». XI. doute; mais je lui opposerai simplement le passage suivant de Poiybe, qui mettra le lec-Ch. 18. teus 2U fait de la dispute ; Scipion arrivé à Cajìulon Ù aux environs de Bepyle , yjoignit les troupes de Marc us de Colichas , ù eût de grandes inquiétudes fur la
situation présente de ses affaires. II ríétoit pas en état de hasarder une batailleavec les feules forces Romaines, & il lui parut dangereux & téméraire même , de fefier affe^ à fes alliés , pour abandonner à leur conduite & à leur fidélité le fort d’’uneaffaire décisivei ayant ainji long temps balance, il fe yit à la fin forçé par les cir-