CONDUITE DES SIE’GES, Chapitre III ij
qu’il n’y eut que le défaut des munitions qui empêcha lesEnnemis de faire une plus longue résistance.'La plus gran-de partie des Places, attaquées A manquées par les Fran-çois, Font été par cette faute; & quand il leur est arrivéde les prendre , ce n’a jamais été fans faire des pertesconsidérables.
II. On manque dans la qualité des matériaux, parcsque Fendroit où ils se fabriquent, étant trop éloigné de laTranchée, il íe trouve que les Gabions, Blindes, Chan-deliers , Fascines, &c., sent souvent faits autrement qu’ilne faut pour en faire un bon usage , & que la quantitédes outils à remtier la terre, ou autres, sont quelquefoissi petits, qu’on n'a pas de quoi fournir au courant du Tra-vail. Cela retarde beaucoup, & fait toujours perdre biendu monde.
III. On manque toujours par le peu de capacité desOuvriers , qui ne sont autres que des Soldats fainéans,outre que dans ce tems ils sont fatigués , abbattus de veil-les, & sens vigueur, à cause du peu de repos & de la mé-chante nourriture qu’ils prennent. Le pire est, qu'un pau-vre Soldat, qui se fera laste à travailler pendant toute lanuit, sera encore contraint de continuer tout le long dujour; ce qui leur abbat tellement le s sorces, qu’on a millepeines de leur faire approfondir assez les Travaux pour lesmettre à couvert, bien loin de pouvoir rien avancer dejour, ou de donner les longueurs ou profondeurs nécesefaires à la Tranchée pour la rendre sûre & commode.Et lorsque pour remédier à ce désordre , un ingénieurdemande deux ou trois cens Travailleurs, des gens frais,on les lui promet, & souvent on ne les lui fournit pas.Je seis que cela m’est arrivé plusieurs fois. Les fuites quiaccompagnent ces défauts, sont que le Travail s'avan-ce lentement; que la Tranchée est trop étroite, incom-
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