94 INSTRUCTION POUR LA
A la saveur de l’obseurité de la nuit, PIngénieur pourrade tems à autre préparer de la besogne pour le lendemain.Selon qu’il croira qu’on pourra re'mplir de Gabions pen-dant le jour, ii les fera poser par deux ou trois hommes deJa demi-Brigade de repos, sens que celle qui travaille discontinue son Ouvrage. II n’y a point d’endroit dans laTranchée , où cet expédient ne soit pratiquable , il est u-tile par-tout; mais il Test bien moins aux Places d’Armes,qu’à la Tranchée qui chemine en avant.
Les Sappes détachées sont encore un excellent moïenpour avancer les Places d’Armes.. On les sait avec des Ga-bions roulans, pleins de Faseines, que trois ou quatre hom-mes pasient devant eux, & qu’ils arrangent suivant les al-lignemens, à quelque distance de la tête de la Sappe. II nefaut qu’avoir placé deux ou trois Gabions pour en com-mencer une autre, qui viendra se joindre à la première,& pourra s’étendre de l’autre côté. Je soppose que l’onsoit a portée de fournir les matériaux néceíseires ; car si ledanger étoit attaché au besoin , ce qui arrive toujourslorsqu’on est fort près de la Place, il seudroit avoir recoursà une longue corde , dont nous aurons occasion de par-ler dans la iuite. II y a mille petites inventions, qui peu-vent contribuer à bien faire & à assurer les Ouvrages ;un habile Ingénieur seura toujours s’en servir a propos,quand il ne manquera ni de matériaux , ni de bons Ou-vriers.
Le sorplus de la Tranchée se conduira solvant ce quilui conviendra le mieux ; & s’il observe exactement lesProfils de chaque eípèce d’Ouvrage, on peut dire qu’ilne fait rien qui ne soit néceíseire , que les dépenses ensont légitimes, qu’il épargne le seng des Soldats, & qu’a-vec tout ce ménagement il n’en avance pas moins. J’ai faitl’épreuve de çe que je dis, j’ai trouvé qu’en vingt-quatre
heures