CONDUITE DES SIE’GES Chap.XXlV.m j
qu’il ne donne de biais, ou ne porte trop bas. Tous ces ;Faits font notoires, l’expérience ne les a que trop souvent jijustifiés ; chaque Siège en est un exemple. í
Puis donc qu’il y a fi peu de sûreté dans la Tranchée, jconviendroit-il de mettre en question si le Souverain qui se htrouve présent au Siège d’une Place, doit partager ou non le 1 1riíque de ses propres Troupes? II est certain qu'il ne peut j;exposer se Personne secrée, si nécefseire au seîut de son ;|Etat, sens faire trembler de crainte tout un Peuple; je dis Iplus, sens commettre une eípéce de secrilège contre ce qu’il jjdoit au repos de ses Sujets. Qu’on n'aille pas m’alleguer : |l’ancienneté de i’usege & la gloire qui raccompagne, j'y !remarque quelque chose de trop funeste qui prévaut k ces í!raisons. On les envisegeroit sens doute sous une autre sece,si on étoit moins accoutumé aux exemples, & s’ils n’a- jvoient été donnés par d’autres que par les Rois de France, j !& fur-tout par celui qui régné glorieusement aujourd’hui, jJ’avoue qu’en qualité de Sujet, il ne m’appar- jtient pas de trouver à redire aux actions de mon Souve- jrain; mais comme je seis obligé en confidence de dire li- |brement mon sentiment lur tout ce qui peut servir à la !iconservation de se Personne , & principalement en ce !jqui concerne le Metier que je professe, il me convien- ;droit encore moins que je gardasse le silence. Fondé j
fur ce que j’ài dit au commencement de ce Chapitre , & jappuié d’une expérience de longues années, je dirai done j :en termes clairs que Sa Majesté ne doit paroître dans au- !>cune Tranchée, de quelque nature qu’elle soit; qu’il n’ya que Dieu qui en ce cas puisse répondre de se vie, & que fsi ces raisons & les prières de ses Sujets ne peuvent lafléchir, elle doit au moins agréer qu’on lui en diminue lepéril autant qu’il fera possible. Le moïen fera aisé à trou- [
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