CONDUITE DES SJE’GES Cbap.XXFI.i ,43
sépareront qu’après la prise de Ja Place. Ce Détachementest d’abord en état d’être emploié, & rendra bien à peuprès les mêmes services qu’un Régiment. II sera moins,à charge au Roi; mais on n’y trouvera pas,comme dansles Régimens, une grande quantité d’íngénieurs toujoursprésens, ni de bons Conducteurs, ni d’habiles Ouvriersfaits à leur manège, & qui au moindre mot devinerontleur pensée ; au contraire , les Détachemens seront bienmoins adroits & bien moins obéiíîàns pour toutes choses,leurs Officiers moins entendus, peu empresses , & parconfëquent incapables de grand service.
Ce n’est pas qu’il n’y ait de bonnes raisons pour justi-fier cet établissement. JLa facilité de former ce Corps,celle de le rompre à toute heure , l’avantage de savoirtoujours complet, & jamais au-délà du nombre néceslài-re, engagent à se déterminer en fa faveur; mais la jalousieque concevroient les autres Régimens de ne pouvoir par-tager les Travaux d’un Siège & les émolumens ordinai-res, occasionnèrent des plaintes A des murmures d’au-tant plus légitimes, qu’on ne íâuroit s’empêcher d’y a-voir égard.
Si jamais Sa Majesté prenoit ce parti, il seroit néceflaïre qu’elle mît quelques bons Officiers à la tête duDétachement, & qu’elle lui nommât des Majors & Ai-de-Majors, dont la Charge sobsisteroit auffi long-tems que dureroient ses fonctions. 11 seroit encore né-cessaire que ce Corps fût soumis aux ordres de l’Ingé-nieur-général, & que les Soldats obêisiènt à ses Subal-ternes, ni plus ni moins qu’ils obéiroient à leurs pro-pres Officiers. Ce Détachement, qui en peu de joursauroit la forme d’un Régiment ordinaire, pourroit êtrecontinué depuis le commencement' juíqu’à la sin de Ja
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