CONDUITE DES SIVGES,Chap. XXriL 147
Cette méthode a été abrogée pour deux raisons- fune,parce que les tonneaux occupoient trop de place, & n’enlaiísoientguères de reste dans des lieux auffi étroits & auffiresserrés; l'autre, parce qu’ií falloit trop de tems avant quela poudre ne prît & ne fît son effet. L’invention a sogge-ré dans la íuite un autre expédient, qui est d’emploier desíâcs remplis de poudre , qu’on diípofoit par tas, & quel'on troùoit avec un couteau , afin de leur donner lemoïen de communiquer à l’amorce. On est encore revenude cet usage, & on lui en a substitué un troisième qui sob-siste encore, & auquel tout le monde se conforme ,comme le plus facile & le meilleur de tous. La manièremoderne est donc de faire un fond de Planche, de le gar-nir de paille, environ de l’épaiíseur d’un pouce , & de lecouvrir de grosse toile dont on fait les Sacs à terre, fur la-quelle on répand la poudre en monceaux. Cette maximel’emporte de beaucoup sor les autres, tant parce qu’elîetient la poudre dans son état naturel, que parce qu’elles’allume promptement & agit d’une force plus égale.
Comme il est de l’intérêt que la Mine soit bien char-gée, on en confie ordinairement le soin à un Officier deMineurs, ou à quelque Subalterne. II lui appartient auffid’en mener la Saucisse, qui est un tuyau de toile , larged’environ la grandeur d’un écu, & rempli de poudre entelle proportion, qu’elle n’y soit pas trop contrainte. Levéritable endroit où on doit Pappliquer, est le milieu despoudres du Fourneau. II y en pose le bout, l’attacheavec une cheville, en soutient Je reste par des Augets,& la conduit-en droiture juíqu’à feutrée de la Galerie.Après cela, il ne reste plus qu’à boucher la Mine, & cet-te dernière opération doit couronner ì’œuvre par la gran-de adresse dont il faut s’y prendre. Elle se fait ordinairementavec des Madriers j oints de but à but, & on se sert de fu-
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