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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE III. ART. XXIII.

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fortes ni aussi sûres que celles de ses pro-pres frontières, peuvent néanmoins êtreconsidérées comme des bases passagères,une ligne de fleuve avec des têtes de ponts,avec une ou deux grandes villes à 1 abridun coup de main pour couvrir les grandsdépôts de larmée et servir à la réunion destroupes de réserve, pourra être une excel-lente base de cette espèce.

Toutefois, il va sans dire quune pareilleligne ne saurait point servir de base passa-gère, si une force hostile se trouvait àproximité de la ligne dopérations qui con-duirait de cette base supposée à la baseréelle des frontières.Ainsi, Napoléon au-rait eu une bonne base réelle sur lElbe en1813, si lAutriche était demeurée neutre;mais cette puissance sétant déclarée contrelui, la ligne de lElbe étant prise à revers ,nétait plus quun pivot dopérations très-bon pour favoriser une entreprise momen-tanée, mais dangereux à la longue si lonvenait à y essuyer un échec notable.

Or, comme toute armée battue en paysennemi peut toujours être exposée à ce queson adversaire manœuvre de manière à lacouper de ses frontières si elle persistait àtenir dans le pays, il faut bien reconnaîtreque ces bases temporaires lointaines serontaussi plutôt des points dappui instantanésque des bases réelles, et quelles rentrenten quelque sorte dans la catégorie des lignesde défense éventuelles.

Quoi quil en soit, on ne peut pas nonplus se flatter de trouver toujours, dans unecontrée envahie , des postes à labri din-sulte, propres à offrir des points convena-bles pour former une base même tempo-raire. Dans ce cas , on pourra y suppléerpar létablissement dune réserve, stratégi-que , invention tout à fait particulière ausystème moderne, et dont les avantagescomme les inconvénients méritent dêtreexaminés.

Des réserves stratégiques.

Les réserves jouent un grand rôle dans lesguerres modernes; à peine en avait-onlidée autrefois. Depuis le gouvernementqui prépare les réserves nationales, jusquauchef dun peloton de tirailleurs, chacunaujourdhui veut avoir sa réserve.

Outre les réserves nationales dont nousavons parlé dans le chapitre de la Politiquemilitaire, et qui ne se lèvent que dans lescas urgents, un gouvernement sage a soindassurer de bonnes réserves pour complé-ter les armées actives ; cest ensuite au gé-néral à savoir les disposer lorsquelles sontdans le rayon de son commandement. UnÉtat aura ses réserves, larmée aura les sien-nes, chaque corps darmée et même chaquedivision ou détachement, ne manquerontpas.non plus de sen assurer une.

Les réserves dune armée sont de deuxespèces : celles qui sont dans la ligne debataille, prêtes au combat ; celles qui sontdestinées à tenir larmée au complet et qui,tout en sorganisant, peuvent occuper unpoint important du théâtre de la guerre, etservir même de réserves stratégiques. Sansdoute beaucoup de campagnes ont été en-treprises et menées à bonne fin, sans quonait songé à de pareilles réserves ; aussi, leurétablissement dépend-il, non-seulement delétendue des moyens dont on peut disposer,mais encore de la nature des frontières, etde la distance qui sépare le front dopéra-tions, ou le but objectif, de la base.

Toutefois, dès quon se décide à linva-sion dune contrée , il est naturel quonsonge à la possibilité dêtre rejeté sur ladéfensive ; or, létablissement dune réserveintermédiaire entre la base et le front dopé-rations offre le même avantage que la ré-serve de larmée active procurera un jourde bataille ; car elle peut voler sur les pointsimportants que lennemi menacerait, sanspour cela affaiblir larmée agissante. A lavérité, la formation dune telle réserve