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CHAPITRE III. —ART. XXVII.
clront sans doute mieux qu’un camp cou-vert seulement par des flèches ou des re-doutes ordinaires, mais elles ne semblentpas offrir autant d’avantages que les grandsforts détachés de Coblentz . Ces tours sontau nombre de 32 ou 36, dont 8 à la rivegauche, avec un fort carré dominant lePerlingsberg (1). Sur les 24 tours qui setrouvent à la rive droite, sept ou huit nesont que des demi-tours. La circonférencede cette ligne est d’environ 10,000 toises ou5 lieues de poste. Les tours sont à peu prèsà 280 toises l’une de l’autre, et seront liéesplus tard, en cas de guerre, par un chemincouvert pallissadé. Elles sont en maçonne-rie, et à trois étages, plus une terrasse quiconstitue la principale défense, puisqu’ellerenferme 11 pièces de 24; deux obusierssont en outre placés dans l’étage supérieur.Ces tours sont pratiquées dans l’excavationd’un fossé large et profond, dont le déblaisa fourni un glacis élevé qui met, dit-on, latour à l’abri des coups directs, ce que jecrois difficile néanmoins pour la plate-formeoù se trouve l’artillerie.
On a assuré que ce grand travail avaitcoûté presque les trois quarts de ce qu’eûtcoûté une enceinte presqu’entièrement bas-tionnée, qui eût fait de Linz une place depremier rang : d’autres affirment qu’il n’apas coûté plus du quart de la dépensequ’exigerait une enceinte, et qu’il remplitd’ailleurs un but tout différent. Si l’on con-sidère ces travaux comme faits pour résisterà un siège régulier, il est certain qu’ils se-raient fort défectueux : mais considéréscomme camp retranché, pour donner unrefuge et un déboucher sur les deux rivesdu Danube à une armée considérable, il estcertain aussi qu’ils remplissent assez biencette destination, et qu’ils seraient d’unehaute importance dans le cas d’une guerrecomme celle de 1809. S’ils eussent existé à
(1) Un plan dessiné que j’ai vu , porte deux outrois tours de plus que celui du capitaine Allard.
cette époque, ils eussent probablementsauvé la capitale.
Pour compléter un grand système, il eûtpeut-être mieux valu enceindre Linz d’uneligne bastionnée régulièrement, puis établirune ligne de 7 à 8 tours entre le saillantoriental de la place et l’embouchure de laTraun dans une étendue directe de 2,000toises seulement, afin de ne réserver commecamp retranché que la grande anse forméepar le Danube entre Linz et la Traun ; onaurait eu ainsi le double avantage d’uneforteresse de premier rang, et d’un camp àl’abri de ses remparts ; s’il eût été un peumoins vaste, il eût suffi néanmoins à unegrande armée, surtout si on avait conservéles 8 tours de la rive gauche et le fort dePerlingsberg.
Je ne parlerai pas des défauts de ce camp,car il faudrait avoir un plan exact de tout leterrain sur les deux rives du Danube , etbien que j’aie passé maintes fois à Linz , jene me rappelle pas assez exactement les en-virons pour en juger. Ce qui m’étonne seu-lement, c’est qu’il n’y ait pas au moins unréduit autour de Linz , pour favoriser la re-traite si le camp venait à être forcé. On dirapeut-être qu’aucune armée ne pourrait pé-nétrer au milieu de ces tours, même aprèsavoir éteint le feu de quelques-unes : celan’est pas sans réplique; car, en pareil cas,il ne serait pas aisé aux tours voisines detirer sur deux armées aux prises dans unespace si étroit, sans faire autant de mal auxleurs qu a 1 ennemi meme ; d’ailleurs, si jesuis bien informé, les batteries ne pour-raient pas être dirigées contre l’intérieur.Or, si après avoir paralysé le feu des quatretours, n° 7 à 10, de fortes masses pous-saient jusqu’cà Linz , Dieu sait quelle bagarrepourrait avoir lieu, si l’on avait affaire à unSuwarovv ou à un Ney, et à des soldats d’Is-niaël ou de Friedland.
Je n’ai pas bien compris non plus la né-cessité des neuf tours n° 21 à 29 qui sontadossées au Danube ; craindrait-on un dé-