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2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
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CHAPITRE III.ART. XXVII.

clront sans doute mieux quun camp cou-vert seulement par des flèches ou des re-doutes ordinaires, mais elles ne semblentpas offrir autant davantages que les grandsforts détachés de Coblentz . Ces tours sontau nombre de 32 ou 36, dont 8 à la rivegauche, avec un fort carré dominant lePerlingsberg (1). Sur les 24 tours qui setrouvent à la rive droite, sept ou huit nesont que des demi-tours. La circonférencede cette ligne est denviron 10,000 toises ou5 lieues de poste. Les tours sont à peu prèsà 280 toises lune de lautre, et seront liéesplus tard, en cas de guerre, par un chemincouvert pallissadé. Elles sont en maçonne-rie, et à trois étages, plus une terrasse quiconstitue la principale défense, puisquellerenferme 11 pièces de 24; deux obusierssont en outre placés dans létage supérieur.Ces tours sont pratiquées dans lexcavationdun fossé large et profond, dont le déblaisa fourni un glacis élevé qui met, dit-on, latour à labri des coups directs, ce que jecrois difficile néanmoins pour la plate-forme se trouve lartillerie.

On a assuré que ce grand travail avaitcoûté presque les trois quarts de ce queûtcoûté une enceinte presquentièrement bas-tionnée, qui eût fait de Linz une place depremier rang : dautres affirment quil napas coûté plus du quart de la dépensequexigerait une enceinte, et quil remplitdailleurs un but tout différent. Si lon con-sidère ces travaux comme faits pour résisterà un siège régulier, il est certain quils se-raient fort défectueux : mais considéréscomme camp retranché, pour donner unrefuge et un déboucher sur les deux rivesdu Danube à une armée considérable, il estcertain aussi quils remplissent assez biencette destination, et quils seraient dunehaute importance dans le cas dune guerrecomme celle de 1809. Sils eussent existé à

(1) Un plan dessiné que jai vu , porte deux outrois tours de plus que celui du capitaine Allard.

cette époque, ils eussent probablementsauvé la capitale.

Pour compléter un grand système, il eûtpeut-être mieux valu enceindre Linz duneligne bastionnée régulièrement, puis établirune ligne de 7 à 8 tours entre le saillantoriental de la place et lembouchure de laTraun dans une étendue directe de 2,000toises seulement, afin de ne réserver commecamp retranché que la grande anse forméepar le Danube entre Linz et la Traun ; onaurait eu ainsi le double avantage duneforteresse de premier rang, et dun camp àlabri de ses remparts ; sil eût été un peumoins vaste, il eût suffi néanmoins à unegrande armée, surtout si on avait conservéles 8 tours de la rive gauche et le fort dePerlingsberg.

Je ne parlerai pas des défauts de ce camp,car il faudrait avoir un plan exact de tout leterrain sur les deux rives du Danube , etbien que jaie passé maintes fois à Linz , jene me rappelle pas assez exactement les en-virons pour en juger. Ce qui métonne seu-lement, cest quil ny ait pas au moins unréduit autour de Linz , pour favoriser la re-traite si le camp venait à être forcé. On dirapeut-être quaucune armée ne pourrait pé-nétrer au milieu de ces tours, même aprèsavoir éteint le feu de quelques-unes : celanest pas sans réplique; car, en pareil cas,il ne serait pas aisé aux tours voisines detirer sur deux armées aux prises dans unespace si étroit, sans faire autant de mal auxleurs qu a 1 ennemi meme ; dailleurs, si jesuis bien informé, les batteries ne pour-raient pas être dirigées contre lintérieur.Or, si après avoir paralysé le feu des quatretours, n° 7 à 10, de fortes masses pous-saient jusqu Linz , Dieu sait quelle bagarrepourrait avoir lieu, si lon avait affaire à unSuwarovv ou à un Ney, et à des soldats dIs-niaël ou de Friedland.

Je nai pas bien compris non plus la né-cessité des neuf tours n° 21 à 29 qui sontadossées au Danube ; craindrait-on un-