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CHAPITRE VI
à son but, demanderaient encore à être for-mulées. partie en corps de doctrines, partieen dispositions réglementaires. Ce seraitaux gouvernements à prendre l’initiative enpubliant des règlements bien mûris, qui,après avoir tracé tous les devoirs et les at-tributions des chefs et officiers de 1 etat-major, seraient suivis d’une instructionclaire et précise pour leur tracer aussi lesméthodes les plus propres a bien remplirces devoirs.
L’état-major autrichien avait jadis unepareille instruction réglementaire : mais unpeu surannée ; elle se trouvait plus appro-priée aux vieilles méthodes qu’au systèmenouveau. Cet ouvrage est, du reste, le seulde ce genre qui soit parvenu jusqu’à moi ;je ne doute pas qu’il en existe d’autres, soitpublics, soit secrets ; mais j’avoue franche-ment l’ignorance où je suis à ce sujet.Quelques généraux, comme Grimoard etTliiebaut, ont mis au jour des manuelsd etat-major ; le nouveau corps royal del'rance a fait imprimer plusieurs instructionspartielles, mais un ensemble satisfaisantn’existe encore nulle part. Je crois que M. legénéral Boutourlin a le projet de publierbientôt une instruction adressée à ses offi-ciers alors qu’il était quartier-maître géné-ral , et l’on ne peut que former des vœuxpour qu’il le réalise sans délai, car il nemanquera pas de jeter une vive lumière surcet intéressant sujet, sur lequel il reste en-core beaucoup à dire.
S il est reconnu que l’ancienne logistiquen était qu’une science de détails pour réglerle matériel des marches ; s’il est avéré queles fonctions de l’état-major embrassent au-jourd’hui les combinaisons les plus élevéesde la stratégie, il faudra admettre aussi q uela logistique n’est plus qu’une parcelle dela science des états-majors, ou bien qu’ilfaut lui donner un autre développement eten faire une science nouvelle, qui ne serapas seulement celle des états-majors, maisencore celle des généraux en chef.
— ART. XLI.
Afin de nous en convaincre , énuméronsles points principaux qu’elle devra embras-ser pour comprendre tout ce qui se rap-porte aux mouvements des armées et auxentreprises qui en résultent :
1° Faire préparer d’avance tous les objetsmatériels nécessaires pour mettre l’arméeen mouvement, c’est-à-dire, pour ouvrir lacampagne. Tracer les ordres , instructionset itinéraires (Marschroute) pour la rassem-bler et la mettre ensuite en action ;
2° Bien rédiger tous les ordres du géné-ral en chef pour les diverses entreprises,de même que les projets d’attaque pour lescombats prévus ou prémédités ;
3° Concerter avec les chefs du génie et del’artillerie les mesures à prendre pour met-tre à l’abri les différents postes nécessairesà l’établissement des dépôts , comme aussiceux qu’il conviendrait de fortifier à l’effetde faciliter les opérations de l’armée ;
■4° Ordonner et diriger les reconnais-sances de toute espèce, et procurer, tantpar ce moyen que par l’espionnage, lesrenseignements aussi exacts que possibledes positions et mouvements de l’ennemi ;
' b° Prendre toutes les mesures afin de biencombiner les mouvements ordonnés par legénéral en chef. Concerter la marche desdiverses colonnes, afin qu’elle se fasse avecordre et ensemble ; s’assurer que tous lesmoyens usités pour rendre cette marche àla fois aisée et sûre, soient préparés à ceteffet ; régler le mode et le moment deshaltes ;
6° Bien composer, et diriger par de bonnesinstructions, les avant-gardes ou arrière-gardes , ainsi que les corps détaches , soitcomme flanqueurs, soit avec d’autres desti-nations. Munir ces différents corps de tousles objets nécessaires pour remplir leurmission ;
7° Arrêter les formules et instructionsaux chefs de corps ou leurs états-majors,pour diverses méthodes de répartir lestroupes dans les colonnes à portée de l’en-