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CHAPITRE II. — SECTION I.
CHAPITRE II.
SECTION I re .
DE l’aRT MILITAIRE PROPREMENT DIT.
L’art militaire, indépendamment des par-ties que nous venons d’exposer succincte-ment, se compose encore, comme on l’a vuplus haut, de quatre branches principales :la stratégie, la grande tactique, la tactiquede détail, et l’art de l’ingénieur. Nous netraiterons que les deux premières, pour lesmotifs déjà indiqués ; il est donc urgent decommencer par les définir.
La stratégie comprend toutes les opéra-tions qui embrassent le théâtre de la guerreen général :
1° La définition de ce théâtre, et des com-binaisons qu’il offre ;
2° Le choix et l’établissement de la based’opérations ;
S° La détermination du point objectifqu’on se propose, soit offensif, soit défensif ;
4° Les fronts d’opérations ;
h° Le choix des lignes d’opérations quimènent de la base audit point objectif ou auIront d’opérations ; les manœuvres diffé-rentes pour embrasser ses lignes dans leursdiverses combinaisons ;
6° La détermination des points décisifsdu théâtre de la guerre ;
7° Les marches d’armées considéréescomme manœuvres ;
8° Les diversions et les grands détache-ments ;
9° Les descentes ;
10° Les passages de fleuves ;
11° Les camps retranchés ;
12° Les forteresses envisagées comme
(1) Beaucoup de ces combinaisons tiennent à latactique comme à la stratégie, mais presque tou-tes les opérations de guerre appartiennent à cesdeux branches, c’est-à-dire, à la stratégie pour
moyens stratégiques, comme refuges d’unearmee, ou obstacles à sa marche ;
1S° Les magasins considérés dans leursrapports avec les marches des armées.
Ces différents objets constituent ce quel’on nomme ordinairement un plan de cam-pagne. On peut y ajouter :
14° Les retraites;
1S° Les quartiers d’hiver;combinaisons accidentelles'qui n’entrent pasdans un plan, mais qui appartiennent à lastratégie (1).
La deuxième branche est la tactique, c’est-à-dire, les manœuvres d’une armée un jourde bataille, les combats, l’assiette du camp,et les diverses formations pour mener lestroupes à l’attaque.
Plusieurs controverses futiles ont eu lieupour déterminer d’une manière absolue laligne de démarcation qui sépare ces deuxbranches de la science ; j’ai dit que la stra-tegie est l’art de faire la guerre sur la carte,l’art d’embrasser tout le théâtre de laguerre ; la tactique est l’art de combattresur le terrain, d’y placer ses forces selonles localités , et de les mettre en action surdivers points du champ de bataille, c’est-à-dire, dans un espace de trois ou quatrelieues, de manière que tous les corps agis-sants puissent recevoir des ordres et lesexécuter dans le courant même de l'action.On a critiqué ma définition sans en donnerde meilleure ; il est certain que beaucoupde batailles ont été décidées par des mou-vements stratégiques , et n’ont été mêmequ’une série de pareils mouvements ; maiscela n’a jamais eu lieu que contre des ar-mées dispersées , cas qui fait exception ;or, la définition générale ne s’appliquantqu’à des batailles rangées, n’en est pasmoins exacte.
leurs combinaisons et leurs rapports avec le plangénéral, et à la tactique pour leur exécution sur unterrain déterminé.