CAMPAGNE DE 1762.
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Prussiens ; ainsi le roi de Prusse vit enmoins de trois mois les Russes embrasser etabandonner son parti (1). Il eut cependantl’adresse de séduire M. de Czernicheff, etde l’engager à différer 1’ex.écution des or-dres de la nouvelle impératrice.
M. le comte de Montazet, qui selon sonusage, était venu passer l’hiver à sa cour,pour y conférer avec les ministres sur l’étatgénéral des affaires, retourna à Vienne, aumois de mai. Le maréchal Daun , comman-dait alors les troupes qui étaient en Silésie,i| avait sous ses ordres les generaux Laudonet Lascy. M. de Serbelloni commandait lestroupes qui étaient en Saxe ; le prince deStolberg , qui commandait les troupes del’empire, était aux ordres de M. de Serbel-loni.
Quoique Serbelloni fût supérieur en for-ces au prince Henri, qui cherchait à repren-dre la Saxe , cependant il manœuvra si mal,qu’il se retira de Freyberg, et qu’il se laissaresserrer par ce prince derrière le ravin deWeisseritz. La cour de Vienne fut très-mé-contente de sa conduite ; cependant l’impé-ratrice eut la faiblesse de ne pas lui ôtertout de suite le commandement.
M. de Montazet devait servir, en Silésie,auprès du maréchal Daun ; cependant oncrut qu’il serait utile au service de l’impé-ratrice , de l’envoyer préalablement enSaxe ; il s’y rendit, en effet, au mois de juil-let. Il dit à M. de Serbelloni, au nom deLeurs Majestés Impériales, tout ce qu’onpouvait dire pour prouver la nécessité et lapossibilité de garder la Saxe , mais il pensalui-même que M. de Serbelloni n’en feraitqu’à sa tête : c’était, selon lui, un homme
(!) Extraitcl’une lettre dit roi de Prusse, écrite à
un de ses ministres , lors de la mort de l’empe-reur de Russie .
« 'Voilà donc le pauvre empereur de Russie dé-» trôné par son épouse : on s’y attendait. L’impé-» ratrice a infiniment d’esprit, aucune religion, et» les inclinations de la défunte, mais contrefait la» dévote en même temps. C’est le second tome de
qu on ne persuadait pas et qui n’était nulle-ment propre à commander une armée. Se-lon M. de Montazet encore, le seul remèdequ’il y avait, était de rappeler ce général,et d’envoyer en Saxe , ou M. Haddick, ouM. de Lascy, ou M. de Laudon, et il se pro-posa dès lors d’engager M. le maréchalDaun à céder un de ces trois généraux. IIarriva le 20 juillet en Silésie.
Alors l’armée autrichienne occupait laposition de Gunzendorff, près de Schweid-nitz. Le roi de Prusse était Javernig, ladroite au bois de Nonenbuseh, la gaucheà Wuerben ; toutes les démarches de ceprince tendaient à reprendre la ville deSchweidnitz . Il avait attaqué, le 6, avec 26bataillons et 80 escadrons, M. de Printanoqui occupait les hauteurs de Gablau, mais ilavait été repoussé, et il avait eu 1,800 hom-mes tués ou faits prisonniers.
Le roi avait fait, quelque temps après,une autre tentative, vraisemblablement dansl’objet de faire abandonner, au maréchalDaun , sa position auprès de Schweidnitz :une centaine de Prussiens, déguisés en Co saques et en Calmouclcs, pénétrèrent en Bo-hême, du cote de Trotenau ; un lieutenant-colonel autrichien, qui était à Konigsgratz,avec 400 hommes, pour y garder des ma-gasins, les abandonna à l’approche du dé-tachement prussien ; et quoique ce petitcorps eût bientôt regagné la Silésie, cepen-dant il avait répandu la terreur dans cettepartie de la Bohême.
Les choses étaient dans cet état, quandM. de Montazet joignit M. le maréchal Daun .
Le 21, lendemain de son arrivée, il montaà cheval avec le maréchal, pour aller exa-
» l’histoire de Zenon, empereur grec, et son» épouse Ariadme, et de Catherine de Médieis. Le» ci-devant chancelier Bestuchef était le grand» favori de cette princesse; et comme il était entiè-» rement attaché aux guinées , je me flatte que les» engagements d’à-présent subsisteront. Le pauvre» empereur voulait imiter Pierre 1”, mais il n’en» avait pas le génie. On te dit massacré. »