Buch 
2 (1840) L' histoire de la guerre de sept ans en Allemagne : pendant les annés 1756 et suivantes / par de Jomini ; traduit de Lloyd
Entstehung
Seite
495
JPEG-Download
 

CAMPAGNE DE 1762.

498

Prussiens ; ainsi le roi de Prusse vit enmoins de trois mois les Russes embrasser etabandonner son parti (1). Il eut cependantladresse de séduire M. de Czernicheff, etde lengager à différer 1ex.écution des or-dres de la nouvelle impératrice.

M. le comte de Montazet, qui selon sonusage, était venu passer lhiver à sa cour,pour y conférer avec les ministres sur létatgénéral des affaires, retourna à Vienne, aumois de mai. Le maréchal Daun , comman-dait alors les troupes qui étaient en Silésie,i| avait sous ses ordres les generaux Laudonet Lascy. M. de Serbelloni commandait lestroupes qui étaient en Saxe ; le prince deStolberg , qui commandait les troupes delempire, était aux ordres de M. de Serbel-loni.

Quoique Serbelloni fût supérieur en for-ces au prince Henri, qui cherchait à repren-dre la Saxe , cependant il manœuvra si mal,quil se retira de Freyberg, et quil se laissaresserrer par ce prince derrière le ravin deWeisseritz. La cour de Vienne fut très-mé-contente de sa conduite ; cependant limpé-ratrice eut la faiblesse de ne pas lui ôtertout de suite le commandement.

M. de Montazet devait servir, en Silésie,auprès du maréchal Daun ; cependant oncrut quil serait utile au service de limpé-ratrice , de lenvoyer préalablement enSaxe ; il sy rendit, en effet, au mois de juil-let. Il dit à M. de Serbelloni, au nom deLeurs Majestés Impériales, tout ce quonpouvait dire pour prouver la nécessité et lapossibilité de garder la Saxe , mais il pensalui-même que M. de Serbelloni nen feraitquà sa tête : cétait, selon lui, un homme

(!) Extraitclune lettre dit roi de Prusse, écrite à

un de ses ministres , lors de la mort de lempe-reur de Russie .

« 'Voilà donc le pauvre empereur de Russie -» trôné par son épouse : on sy attendait. Limpé-» ratrice a infiniment desprit, aucune religion, et» les inclinations de la défunte, mais contrefait la» dévote en même temps. Cest le second tome de

qu on ne persuadait pas et qui nétait nulle-ment propre à commander une armée. Se-lon M. de Montazet encore, le seul remèdequil y avait, était de rappeler ce général,et denvoyer en Saxe , ou M. Haddick, ouM. de Lascy, ou M. de Laudon, et il se pro-posa dès lors dengager M. le maréchalDaun à céder un de ces trois généraux. IIarriva le 20 juillet en Silésie.

Alors larmée autrichienne occupait laposition de Gunzendorff, près de Schweid-nitz. Le roi de Prusse était Javernig, ladroite au bois de Nonenbuseh, la gaucheà Wuerben ; toutes les démarches de ceprince tendaient à reprendre la ville deSchweidnitz . Il avait attaqué, le 6, avec 26bataillons et 80 escadrons, M. de Printanoqui occupait les hauteurs de Gablau, mais ilavait été repoussé, et il avait eu 1,800 hom-mes tués ou faits prisonniers.

Le roi avait fait, quelque temps après,une autre tentative, vraisemblablement danslobjet de faire abandonner, au maréchalDaun , sa position auprès de Schweidnitz :une centaine de Prussiens, déguisés en Co­ saques et en Calmouclcs, pénétrèrent en Bo-hême, du cote de Trotenau ; un lieutenant-colonel autrichien, qui était à Konigsgratz,avec 400 hommes, pour y garder des ma-gasins, les abandonna à lapproche du dé-tachement prussien ; et quoique ce petitcorps eût bientôt regagné la Silésie, cepen-dant il avait répandu la terreur dans cettepartie de la Bohême.

Les choses étaient dans cet état, quandM. de Montazet joignit M. le maréchal Daun .

Le 21, lendemain de son arrivée, il montaà cheval avec le maréchal, pour aller exa-

» lhistoire de Zenon, empereur grec, et son» épouse Ariadme, et de Catherine de Médieis. Le» ci-devant chancelier Bestuchef était le grand» favori de cette princesse; et comme il était entiè-» rement attaché aux guinées , je me flatte que les» engagements dà-présent subsisteront. Le pauvre» empereur voulait imiter Pierre 1, mais il nen» avait pas le génie. On te dit massacré. »