iG INTRODUCTION.
esprit, aussitôt que ces deux souverains se fu-rent vus.
Le traité de Tilsit rendait Napoléon l’ar-bitre des destinées de l’Europe . En effet, ilétait maître absolu de la France, de l’Italie ,de l’Allemagne, de la Hollande et du duché deVarsovie. L’Espagne était soumise à ses vo-lontés; l’Autriche la Prusse et le Danemarckne pouvaient s’y opposer ; Alexandre s’y sou-mettait volontairement. L’Angleterre , la Tur-quie et la Suède étaient donc les seules puis-sances qui fussent encore indépendantes deNapoléon ; mais les deux dernières, voisinesde la Russie , contre laquelle elles ne pouvaientlutter avec le secours seul de l’Angleterre, de-vaient se voir bientôt contraintes d’adhérer ausystème continental.
Aussitôt que l’Angleterre eut connaissancedu traité de Tilsit, convaincue que Napoléon allait contraindre le Danemarck à lui déclarer laguerre, elle envoya devant Copenhague une es-cadre formidable, sur laquelle se trouvaient vingtmille hommes de débarquement, et fit sommerle roi de Danemarck de mettre sa flotte en dé-pôt dans les ports de la Grande-Bretagne jusqu’àla conclusion de la paix maritime. Cette pi’o-position ayant été repoussée avec indignation,