Band 
Tome premier.
Seite
30
JPEG-Download
 

1809 .

avril.

3o INTRODUCTION,

montré uni avec Napoléon par le double lien dela politique et de l’amitié ; ces sentiinens ne fu-rent pas durables. Le traité-de Tilsit avait blessél’orgueil national des Russes , et la guerre avecl’Angleterre, en arrêtant les exportations, por-tait un coup funeste aux finances de l’empire etaux fortunes particulières ; la nation russe (a)désapprouvait donc la situation politique danslaquelle l’avait placée son souverain, et le cabi-net russe apercevait les funestes conséquencesqui pouvaient en résulter. Alexandre, éclairésans doute par les hommes qui l’entouraient,Sentit de quel danger il était menacé si l’Autri-che succombait ; mais il soutenait alors deuxguerres, l’une contre la Turquie , qu’il n’avaitpu décider, dans un congrès ouvert à Yassi, àlui céder laValachie et la Moldavie ; l’autre con-tre la Suède ; et il ne lui restait que peu de for-ces disponibles. N’osant donc rompre son al-liance avec Napoléon , il employa tout son créditpour engager l’Autriche à changer de résolu-tion ; il lui offrit sa garantie pour la conserva-tion de ses états dans toute leur intégrité, et nelui cacha pas que, par suite des engagemens

(a) Par ces mots nation russe, je veux désigner la noblesseet le haut clergé, qui seuls exercent des droits ou ont uneinfluence politique.