INTRODUCTION. 43
Les forces ennemies n’étaient pas mieux di-rigées. La junte consultait souvent, dans l’em-ploi de ses armées, des intérêts locaux plutôtque l’intérêt général, et elle n’avait point nom-mé de commandant en chef, d’où il résultait,entre les généraux qui commandaient les diffé-rens corps d’armée, une sorte d’indépendancequi ne pouvait que produire de fâcheux résultats.Cette indépendance était plus grande encore en-tre le commandant de l’armée anglaise et lescommandans des armées espagnoles ; ils avaientà la vérité les mêmes ennemis ; mais les forcesanglaises, étant principalement destinées à ladéfense du Portugal , ne pouvaient se réunir auxforces espagnoles tant que ce royaume était at-taqué ou près de l’être : on conçoit que ce man-que d’unité, dans le commandement des arméesfrançaises et ennemies, devait produire un dé-faut respectif d’ensemble dans la conduite géné-rale des opérations.
Au commencement de février, les Espagnols ,à peu près réduits aux provinces de l’est et dumidi de l’Espagne , se tenaient partout sur ladéfensive. Dans cet état de choses, Napoléon or-donna l’invasion du Portugal j le maréchal Vic-tor, duc de Bellune, devait se diriger sur Lis-bonne par la vallée duTage ; le maréchal Soult,