io4 INTRODUCTION.
La Turquie devait perdre quatre provinces : laMoldavie, la Yalachie, la Bessarabie , occu-pées par les Russes , et la Servie, qui s’étaitrendue indépendante. La guerre qui semblaitdevoir éclater entre la France et la Russie vintranimer ses espérances ; elle se montra moinsdisposée à faire des sacrifices pour obtenir lapaix, et les négociations traînèrent en longueur.
L’Angleterre, qui avait déjà ouvert des négo-ciations avec la Russie, envoya à Constanti-nople un ambassadeur extraordinaire, unique-ment pour accélérer la conclusion de la paix. Cesdeux puissances employaient particulièrementles moyens de corruption, si puissansprès du ca-binet ottoman . Elles disposaient déjà des princesMorouzi (o) ; elles parvinrent à gagner le reiss-effendi. Le chargé d’affaires de France , man-quant d’instructions précises, ne pouvait op-poser qu’une faible résistance à leur influencetoujours croissante. Tout semblait annoncerune paix prochaine : une circonstance imprévuevint en précipiter la conclusion.
( a ) Deux des trois frères Morouzi occupaient des emploisiinportans. L’un, Démétrius Morouzi, était premier drogmande la Porte, et avait été attaché à Galeb, reiss-eflendi ( mi-nistre des relations étrangères ), qui conduisait les négocia-tions de Bukarest . L’autre , Payanotti Morouzi , l’avait ,pendant ce tcms, remplacé à Constantinople .