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Tome premier.
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211
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LIVRE I.

21 I

L’armée française éprouva, par les raisonsque j’ai données précédemment, une diminu-tion plus forte encore. Ce résultat remarquableet inattendu aurait dû engager Napoléon à chan-ger sa marche habituelle ; il ne pouvait pas, sanséprouver des pertes énormes, parcourir rapide-ment , avec ses nombreuses armées, des payspeu peuplés et dénués de ressources , commeil avait fait l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne :il devait prendre conseil des Russes , qui nemarchent jamais sans être accompagnés deconvois de vivres, et de Charles XII , qui,n’ayant qu’une petite armée en comparaison dela sienne, prit toujours cette précaution, et necrut pas devoir marcher avec une aussi granderapidité, puisque, parti de Grodno en jan-vier 1708, il n’arriva qu’en septembre de lamême année dans les environs de Sinolensk.Je dois cependant ajouter que les pluies ex-traordinaires dont l’armée française fut acca-blée pendant plusieurs jours contribuèrent àaugmenter les pertes qu’elle essuya, et forcèrentles différens corps d’armée, alors en marche,à des retards plus ou moins considérables quieurent une grande influence sur la suite desévénemens.

Cependant Barklay continuait à se retirer sur