214 EXPÉDITION DE RUSSIE ,composé de trois lignes d’ouvrages, d’une exé-cution soignée, mais qui avaient été placés sansdiscernement ; son développement extérieurétait d'environ trois mille toises.
Le camp retranché de Drissa n’était pointà l’abri d’une attaque de vive foi'ce, et c’étaitune faute que de s’y enfermer; mais on doitsurtout s’étonner de l’emploi d’un semblablemoyen de défense. Quelle nécessité en effetd’attaquer ce camp ? et dans la position parti-culière des Russes , qui luttaient contre unearmée plus manœuvrière et bien supérieure ennombre, ne pouvait-on pas les tenir en échecavec une partie des troupes, et, les tournantavec le reste, les mettre dans le plus granddanger? Les plus grands obstacles qu’éprou-vait Napoléon étaient la difficulté des subsis-tances, et l’immensité du pays qui permettaitaux corps coupés de s’échapper. Yoilà quellesfurent les principales causes du salut des géné-raux russes .
Le jour où l’armée russe atteignit la Dwina,Alexandre lui adressa une proclamation que jecrois devoir rapporter.