Band 
Tome premier.
Seite
243
JPEG-Download
 

LIVRE I.

243

aux malades les alimens de première néces-sité , bien loin de pouvoir leur procurer lessoins qu’exigeait leur état. La Lithuanie n’of-frait presque point de ressources pour ce genred’établissement ; les approvisionnemens n’a-vaient point été calculés pour un si grand nom-bre de malades, et avaient éprouvé le mêmeretard que tout ce qui arrivait par transport.

L’armée éprouvaitune diminution effrayante,autant par les maladies que par le grand nom-bre des traîneurs; les troupes des alliés firentainsi les pertes les plus fortes. L’armée russe,habituée en quelque sorte à un genre de vie sinouveau pour nous , éprouvant moins de pri-vations , recevant continuellement de nou-veaux renforts, voyait diminuer chaque jourl’inégalité numérique entre elle et l’armée fran-çaise.

Beaucoup de traîneurs, ainsi que je l’ai dit,s’étant cantonnés dans les campagnes, on lesfit poursuivre par des colonnes mobiles, partiesde Wilna et de Minsk , et l’on autorisa les sei-gneurs à les faire arrêter, désarmer et conduiredans ces deux villes par des paysans. C’était unspectacle tout-à-fait extraordinaire, au milieude nos succès, que celui de serfs lithuaniensconduisant nos soldats désarmés. Napoléon