LIVRE I.
307
mais Ney tenta en vain de l’enlever d’assaut enattaquant la citadelle qui se trouve à gauche etprès de la route par laquelle il arrivait. A dixheures du matin parut Bagration , sur la rivedroite du fleu ve ; il envoya aussitôt une divisionà Raiewskoi, qui , au moyen de ce renfort, semaintint en avant de Smolensk jusqu’à la nuit.Le soir , la première armée, sous les ordresimmédiats de Barklay, arriva et couronna leshauteurs de la rive droite du Dniéper vis-à-visde Smolensk ; il n’avait laissé pour éclairer lepays situé entre la Dwina et le Dniéper qu’unpetit corps composé en grande partie de cava-lerie , et dont il avait confié le commandementau général comte Wintzingerode.
Napoléon , qui n’épargnait rien pour l’espion-nage, et qui en avait tiré un si grand parti danstoutes ses guerres , se procurait difficilementdans celle-ci les plus légers renseignemens : ilpassa la nuit du 1 5 au 16 à Koritnia, et y reçutdes rapports qui lui persuadèrent que Barklayavait depuis trois jours évacué Smolensk ; ildonna même des ordres en conséquence, maisil fut détrompé dans la matinée du 16.
Pendant la nuit du 16 au 17, Barklay, ayantfait construire deux ponts de bateaux vis-à-vis deSmolensk pour augmenter la facilité des com-