les maux physiques ont une grande influence
sur les opérations de l’esprit.
Si Poniatowski ne put exécuter ce qui luiavait été ordonné , on doit l’attribuer surtoutau nombre de troupes qui lui furent opposéeset aux localités, circonstances que Napoléon nepouvait connaître exactement. Mais, si Ney eûtété secondé à tems après s’être emparé des re-dans ; si l’on eût envoyé à son secours Claparèdeet même Junot, les Russes auraient été enfon-cés sur ce point : la cavalerie française aurait puse déployer dans la plaine qui était en arrière,et la bataille étant gagnée complètement avantla moitié du jour, Napoléon aurait pu profiterde la victoire. Il pouvait obtenir également unsuccès décisif, après avoir laissé échapper cetteoccasion , s’il eût fait donner sa garde, soit surle point où combattait Ney, soit sur le centre,entre Séménowskoé et la redoute.
Il semble inconcevable qu’un général quin’avait pas craint de s’enfoncer en Moskoviesans vivres, sans assurer ses communications ,n’ayant de munitions que pour une bataille,éprouvant les plus grandes difficultés à les rem-placer, n’ait pas osé ordonner un mouvement quioffrait toutes les chances de réussite qu’on peutdésirer à la guerre. Enfin ce fut une grande