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Tome deuxième.
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LIVRE IL

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mens, la paille même, tout manquait à la fois.Plusieurs jours s’étaient écoulés, et l’on trou-vait encore, dans les lieux voisins du champ debataille, des blessés auxquels on n’avait pu don-ner aucun secours ; ils expiraient victimes dela faim plutôt encore que de leurs blessures ;la mort les atteignait trop lentement au gré deleurs désirs ; ils enviaient le sort de ceux qu’elleavait frappés d’un seul trait (18).

Si tel fut le sort des blessés français , onpeut se faire une idée de celui qui fut réservéaux blessés russes.

Avant que de reprendre le fil des opéra-tions , il est indispensable de jeter un coupd’œil sur l’effet que l’approche de Napoléon produisait à Moskou , et sur les mesures qu’yprenait l’autorité.

Quelques mois avant le commencement deshostilités, Alexandre avait remplacé le gouver-neur de Moskou , vieillard infirme et peu actif,par le comte Rostopchin, homme d’un carac-tère violent, qui passait pour avoir de la fer-meté et de la résolution , et qui était connu parsa haine contre les révolutionnaires français et contre Napoléon Ça). Yers la fin de mai, un

(a) Rostopcliin avait manifesté ces sentimens dans une bro-chure écrite dans le style populaire, et qu’il avait publiée