LIVRE II.
pour tromper Napoléon sur la véritable di-îection de sa retraite. Cette opération étaitfacile à exécuter et ne pouvait être contrariée,puisque Murat était encore le i3 à une jour-née de Moskou , et que le seul corps qui dûtmarcher sur cette capitale, non pas par lavieille route de Kaluga , mais par la nouvelle,était celui de Poniatowski, qui en était pluséloigné encore. D’ailleurs Poniatowski, qui nedisposait que d’environ six mille hommes,n’aurait pu tenter de contrarier ce mouvementsans s’exposer à une perte certaine ; seulements’il se fut effectué sur la route où il se trou-vait , il l’aurait retardé en détruisant les ponts.C’est par ce motif et parce que cette routeétait trop rapprochée de celle de Smolensk que Koutousof aurait dû se retirer d’abord parla vieille route de Kaluga . Parvenu sur cetteroute, il se serait dirigé par un chemin de tra-verse sur Borowsk, où il aurait pris position :dans le même tems, il aurait envoyé sur Mo-jaïsk, parWéréia, un corps assez nombreuxpour s’en emparer; Wintzingerode aurait se-condé cette opération.
Par suite de ces dispositions, Mojaïsk seraittombé au pouvoir de Koutousof le 21 ou le 22septembre. L’armée de ce général s’élevait alors