Band 
Tome deuxième.
Seite
278
JPEG-Download
 

278 NOTES DU LIVRE II.

» D’ailleurs, en combattant sous les murs de Moskoti >» on aurait exposé cette ville à l’entrée dévastatrice» d’un ennemi triomphant; ses richesses et ses bàtimens» auraient ressenti les fureurs de Bonaparte.

» Dans ces conjonctures, je tins conseil avec mes» plus habiles généraux : je leur fis connaître l’état des>> choses; je leur dis que les nobles habitans de la ca-» pitale des tzars avaient pris leur parti, en cas de né-» cessité, sur l’alternative de la fidélité à la patrie ou» de l’esclavage sous l’usurpateur ; je donnai mon opi-i. nion sur tout. Plusieurs généraux furent d’un avis>. différent du mien ; mais la plupart se rangèrent à» mon opinion, et nous arrêtâmes que nous permet-» trions à l’ennemi de pénétrer dans Moskou .

» Prévoyant la nécessité de cette mesure, j’avais déjà» fait enlever de la ville et conduire en lieu sûr le» contenu de l’arsenal et les richesses publiques et par-» ticulières. La plupart des habitans quittèrent Moskou » avec leurs propriétés, et cette ville fut laissée comme>> un désert de remparts et de maisons privées d’habi-» tans : tel est le corps lorsque l’ame l’a quitté, telle» est la ville de Moskou abandonnée par ses habitans;» l’ame d'un empire est le peuple, et partout où il>■ est, là est Moskou, là est l’empire de Russie . Ainsi,» j’ose affirmer hardiment à Votre Majesté que l’entrée• des Français dans Moskou n’est pas la conquête de» la Russie , et n’a point fait tomber la capitale des tzars» sous son joug.

■ Sans doute le parti désespéré de sacrifier la vénéra-