LIVRE III.
325
les forges, les outils, les cordages et autresobjets qui appartenaient à cet équipage, avaientsuivi l’armée.
A deux heures du matin, au moment où l’ar-rière-garde partait, on mit le feu au palais destzars et aux mines que l’on avait préparées. Unepartie des murailles du palais, l’église Saint-Nicolas, l’arsenal et quelques bâtimens attenansfurent renversés ou incendiés. Ce dégât n’étantjustifié par aucun motif militaire, ne peut êtreconsidéré que comme une vengeance insenséequ’exerça Napoléon , irrité de n’avoir pu faireployer Alexandre sous son joug. Une telle con-duite servait ses ennemis, en alimentant la hainequ’on avait cherché à inspirer au peuple russecontre les Français , et elle aurait pu engagerAlexandre à faire à l’armée française une guerred’extermination ; résolution cruelle, que le ca-ractère humain et modéré du monarque russelui fit repousser, mais qui lui aurait été avanta-geuse , et qui aurait été en harmonie avec l’im-pulsion donnée à sa nation.
Pendant que Mortier abandonnait le Kremlin ,Ney quittait sa position derrière la Motscha,pour se replier sur Fominskoé : ces deux géné-raux formaient les arrière-gardes de l’armée.
La reconnaissance de la veille ayant rassuré