yeux, la certitude de l’arrivée de l’armée russe ;événement le plus désastreux qu’il eût à crain-dre dans sa situation. Davout et la garde , étantarrivés successivement, furent placés en ré-serve derrière Eugène, l’un à droite, l’autre àgauche de la route.
Cependant, tant que les Russes se mainte-naient dans Malo-Jaroslawetz, Napoléon nepouvait engager qu’un nombre déterminé detroupes, à cause du peu d’étendue du champde bataille. Il était difficile de tourner la ville ,parce que la colline sur laquelle elle est si-tuée est assez rapide, boisée sur la droite àune petite distance, et sillonnée de ravins surla gauche. Le feu d’un grand nombre de bat-teries , placées dans la plaine , accablait lesFrançais aussitôt qu’ils atteignaient le sommetde la colline , et ils ne pouvaient se servirde leur artillerie, puisqu’il n’existait d’autresmoyens de la conduire sur le plateau, qui estau delà de Malo-Jaroslawetz, que de lui fairetraverser cette ville. Les Russes ne pouvaientnon plus la tourner pour se diriger sur le pont,parce qu’aussitôt qu’ils débouchaient dans levallon de la Luja , ils étaient foudroyés parl’artillerie française placée sur la rive gauchede cette rivière. On était donc contraint de