364 EXPÉDITION DE RUSSIE ,se montrèrent (6) également, et toujours suria droite de la route. Les généraux français craignaient avec raison qu’ils rie précédassentun corps ennemi, peut-être l’armée russe toutentière , et les renseignemens qu’on était par-venu à se procurer augmentaient ces craintes.Eugène et Poniatowski auraient pu atteindreWiazma le 2 novembre ; mais, s’attendant àvoir paraître l’ennemi le lendemain, ils restè-rent à Fedorowskoé pour soutenir Davout ,qui était campé à une demi-lieue de ce village.
Quoiqu’il ne se fût écoulé que sept jours de-puis le départ de Malo-Jaroslawetz, l’arméeavait déjà essuyé de grandes pertes. Jusqu’àMojaïsk , le pays avait offert quelques res-sources , surtout en fourrages ; mais les incen-dies, qui avaient été si nombreux pendant quel’on marchait sur Moskou , le devinrent encoredavantage, et par les causes que nous avonsdéveloppées ; on peut ajouter que le soldat, enquittant des lieux qu’il croit ne jamais revoir,est enclin à les détruire. Napoléon essaya envain de réprimer ce désordi'e ; les circonstancess’y opposaient , et le tems manquait pour yparvenir. L’arrière-garde était donc obligée des’écarter beaucoup plus de la route que lestroupes qui la précédaient, pour aller aux four-