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Tome deuxième.
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EXPÉDITION DE RUSSIE .

plus possible de renouveler, allaient être con-sommés sous quelques jours, et plusieurs ré-gimens n’en avaient déjà plus. Beaucoup desoldats se trouvèrent donc réduits à se nourrirde la chair des chevaux que l’on était forcéd’abandonner. Poussés par la faim , ils s’enfon-çaient dans les terres pour y chercher des vi-vres, et n’y trouvaient souvent que la capti-vité ou la mort. A ces causes de destruction etde désorganisation, se joignaient celles qui in-sultaient de la continuité des marches et desbivouacs , des retards occasionés par les en-combremens , et de l’augmentation progres-sive du froid. Un grand nombre de soldats ma-lades , ou trop affaiblis poursuivre leurs corps ,restèrent en arrière ; ils jetaient d’abord leursac, ensuite leurs armes. Une partie de ces mal-heureux périssaient sur la route ; l’autre, aprèsavoir fait de vains efforts pour suivre l’arrière-garde , tombait entre les mains des Piusses.

Aussitôt après avoir dépassé Mojaïsk , l’ar-rière-garde avait fait sauter des caissons, pourqu’ils ne tombassent pas entre les mains del’ennemi : de pareils sacrifices s’étaient renou-velés journellement depuis, et l’on avait mêmeété contraint d’abandonner du canon. L’un descommandans de corps d’armée de Napoléon