ILIVRE III. 38g
les Kosaques , il ordonne à la garde royaled’ouvrir la marche : écartant les glaces, ayantde l’eau jusqu’à la poitrine , elle franchit leWop et prit position sur la rive droite ; Eu-gène, avec son état-major, la suivit immédia-tement.
On essaya alors de faire passer les voitures;mais les rampes qu’on avait pratiquées se cou-vrirent de verglas , surtout celle qui se trouvaità la sortie de la rivière, et le gué fut bientôt obs-trué par un grand nombre de voitures qui s’yétaient embourbées : on avait perdu l’espérancede pouvoir rétablir le pont ; on se vit donc con-traint d’abandonner l’artillerie et les bagagesqui n’avaient point encore passé.
Aussitôt que la nécessité de ce sacrifice futconnue, les rives du Wop présentèrent un spec-tacle affreux. Les personnes qui avaient con-servé des voitures, obligées de les abandonner,chargeaient précipitamment sur leurs chevauxleurs vivres et leurs effets les plus précieux;beaucoup de ces voitures furent alors pilléespar les traîneurs, ef leurs possesseurs perdirentainsi leur dernière ressource. Une grande quan-tité d’hommes et de chevaux, trop faibles oudont le froid saisit les membres au moment oùils traversaient la rivière, se noyèrent, et elle