LIVRE III. 44,
sapeurs de son corps d’armée, qui formaientl’escorte habituelle de son quartier-general,avait devance son avant-garde d’environ troisquarts de lieue, lorsqu’il vit les militaires iso-les, dont la route était couverte, rétrograderprécipitamment. La présence d’un corps decavalerie russe, qui venait d’intercepter cetteroute au delà du ravin de Merlino, occasionaittout ce mouvement. Miloradowitz , dans lememe tems , débouchait d’un ravin qui avaitd’abord caché ses troupes, et s’avançait pourcouper la retraite du quatrième corps. Eugène,après avoir chargé Guilleminot (a) de se main-tenir près d’un petit bois que traversait la route,avec les troupes qu’il pourrait réunir, rejoignitson corps au galop, l’arrêta et le déploya aus-sitôt pour faire face à l’ennemi ; sa ligne debataille formait avec la route un angle très-aigu.
Pendant qu’Eugène se préparait ainsi à com-battre, Guilleminot formait en compagnies lesmilitaires isolés qui avaient conservé leurs ar-
( a ) Guilleminot, après le combat de Malo-Jaroslawetz, avaitrepris ses fonctions de chef d’état-major, et le lieutenant-gé-néral comte Philipon, qui était auparavant attaché à l'état—major-général, avait remplacé le général Delzons dans lecommandement de la treizième division.