LIVRE IV. 109
)> que, On pouvait donner du pain à des affa-» més, des souliers et des vêtemens à des» hommes qui ne peuvent continuer de mar-i) cher sur la glace avec de mauvaises chaus-» sures , et qui sont en proie à un froid de plus» de vingt degrés; mon administration mili-» taire n’a rien prévu, et mes ordres n’ont point» été exécutés. » Maret répondit à ce reproche,en mettant sous les yeux de Napoléon l’état desmagasins immenses (i 5 ) que l’on avait réunis àWilna . Il paraît que ce monarque n’avait pointreçu de rapport à ce sujet depuis son départ deMoskou , car il s’écria : « Vous me rendez lavie !» et il chargea son ministre de rester jusqu’àl’arrivée du roi de Naples et du major-général,pour leur ordonner de s’arrêter quelquetems à Wilna , huit jours s’ils le pouvaient,afin d’y rallier l’armée, de refaire le moralet le physique du soldat , et de le préparer àcontinuer sa retraite dans un état moins dé-plorable. « Dites-leur, ajouta Napoléon , que» telles sont mes intentions, et que je compte» qu’elles seront remplies. »
Après cet entretien, qui avait duré cinqquarts d’heure, il quitta Wilna (16), et partitpour Varsovie . Avant que de monter en voiture,il adressa ces derniers mots à son ministre ; « Je