LIVRE IV. i3g
Murat avait eu son quartier général à Scliran-cc, le i3; le i4, il fut à Wirballen, le 17 à Gum-binen, et le 19 à Kœnigsberg . Les Prussiens,en revoyant l’armée, la prirent d’abord pourdes militaires isolés qui la précédaient ; mais ilsfurent bientôt détrompés, et dès lors ne dégui-sèrent point la haine qui les animait contre lesFrançais . Rien n’aurait empêché Platof de pé-nétrer jusqu’à Kœnigsberg , où il ne se trou-vait alors que très-peu de troupes, s’il n’eûtreçu l’ordre de s’arrêter au territoire prussien ;ainsi l’armée française , qui retrouva l’abon-dance aussitôt qu’elle eut atteint ce territoire ,commença à goûter du repos, et ce fut pour lapremière fois depuis le départ de Moskou ; elleéprouva bientôt un nouveau soulagement parsuite de l’adoucissement qui se fit sentir dansla température, vers la fin de décembre.
Murat profita du repos que lui accordaitl’ennemi, pour réunir les débris des différenscorps dans les lieux suivans : ceux du cinquièmecorps à Varsovie , du sixième à Plock , des pre-mier et huitième à Thorn, des deuxième et troi-sième à Marienburg, des quatrième et neuvième
depuis ce départ il ne fut point poursuivi, et put se procurerabondamment des vivres et des fourrages.