342 LETTRES DE NAPOLÉON,
militairement parlant, est une opération légitime ; je dismilitairement parlant, car, sous le point de vue politique,c’est une agression ; aussi mon ambassadeur a-t-il l’ordrede quitter Pétersbourg si le cas arrivait ; mais le princed’Eckmulh , qui n’a rien à voir à la politique, peut seconsidérer comme en paix avec les Russes , s’ils ne passentpas le Niémen sans l’avoir déclaré plusieurs jours d’a-vance , tout comme le prince d’Eckmulh peut prendredes arrangemens analogues ; qu’au i er mai toutes mestroupes seront en mouvement, et qu’au i5 mai toutesmes troupes seront sur la Vistule ; et que, comme il estpossible qu’à cette époque je me trouve de ma personneà Posen , je donnerai les ordres que nécessiteront lescirconstances.
En tout état de choses, je désire que le prince d’Eck-mulh ne compromette rien ; qu’il se considère commemaître de Kœnigsberg , puisqu’il y a des Prussiens; commemaître des points qui sont vis-à-vis Grodno , puisqu’il ya de la cavalerie polonaise ; qu’il laisse arriver tranquil-lement le beau teins, la saison des fourrages, et centra-lise mes troupes; qu’il ne doit faire des efforts que pourgarantir Varso vie; que toutes les mesures qu’il propose,par sa lettre du 6 avril, ne tendraient qu’à exciter lesRusses à commencer l’attaque ; que les travaux que l’onfera sur le Curish-Haff et vis-à-vis Memel, ne serontbons que lorsqu’on sera décidé à se porter sur Kœnigs- -berg; qu’il faut bien se garder d’ôter les bateaux qui sontsur le Niémen , et de rien faire qui montre de l’inquié-tude ; qu il faut, au contraire, être pacifique ; que j au-rais pu faire avancer quinze jours plus tôt quelques corpsde cavalerie sur la Vistule , si je n’avais craint qu’il ne